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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 12:48

 

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New York (?), mai 1927

 

 

Que pensez-vous d'un homme qui, quand il se réveille le matin, trouvant sur sa table de chevet une lettre d'une amie qu'il aime, s'écrie : "Bonjour, bienvenue !", et puis, quand il ouvre la lettre avec toute l'impatience d'un homme assoiffé qui a déniché une bouteille d'eau, il n'y trouve rien de plus qu'un poème topographique par Shawqi Bey ?

Qu'importe ! Je trouverai un long poème, ouvragé et divertissant de Haleem Effendi Dammoos et en écrirai un commentaire très détaillé que je vous enverrai.

Si le poème de Shawqi était arrivé le 1er avril, j'aurais apprécié la plaisanterie, et je me serais dit : "Quelle fille extraordinaire, comme elle connaît bien les services postaux internationaux". Mais le poème est arrivé le premier jour du mois de mai, le mois des roses, alors que faire sinon me mordre les lèvres de dépit (ce que font certains hommes quand ils sont en colère), trépigner de rage, lancer des imprécations et laisser exploser ma fureur dans toute ma maison.

En effet, j'étudierai la sagesse contenue dans ces mots : "Oeil pour oeil, dent pour dent", et je vous enverrai toute ce que la muse a inspiré à nos poètes arabes de renom.

Je vous le demande maintenant : "Comment dois-je passer le reste de cette journée avant que je vous pardonne ?" Le poème de votre poète de renom a rempli ma bouche de poussière, et pour me débarrasser de ce goût, il me faudra vingt tasses de café et vingt cigarettes, et cela ne suffira pas encore, je devrai aussi lire vingt poèmes de Keats, de Shelley et de Blake, ainsi qu'un poème de Majnum Layla.

En dépit de tout, ouvrez la paume de votre main.... comme ceci... comme font les gens....

 

Gibran

 

 

 


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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 08:45

 

 khalil gibran

 

 

 

New York, 6 février 1925

 

 

[Le texte suivant figure au dos d'une carte postale représentant un tableau de Léonard de Vinci, que contenait une enveloppe datée du 6-2-25]

 

Mary

 

Je n'ai jamais regardé une oeuvre de Léonard de Vinci sans ressentir au fond de moi la puissance de son charme, ni sans avoir conscience qu'une partie de son âme pénètre la mienne. J'étais un petit garçon quand j'ai découvert pour la première fois les dessins de cet homme incroyable. Ç'à été un moment que je n'oublierai jamais, aussi longtemps que je vivrai, et durant cette période de ma vie, cela a eu sur moi l'effet d'une aiguille de boussole sur un bateau perdu dans le brouillard.

 

J'ai retrouvé aujourd'hui cette carte au milieu de mes papiers, et j'ai pensé à vous l'envoyer afin que vous vous familiarisez avec ces choses qui ont plongé mes années de jeunesse dans les vallées des ténèbres et de la solitude et [fait naître en moi] un attrait pour l'inconnu.

Que Dieu vous protège.

 

 

Gibran

 

 

 

************************

 

 


May Ziade 

 

New York, 23 mars 1925

 

 

Mary,

 

Ce petit dossier a été chez vous cause de tracas et d'inquiétude. Pardonnez-moi. Je croyais l'avoir envoyé par le chemin le plus rapide et le plus facile, mais ç'a été tout le contraire. Veuillez me pardonnez, ma douce amie, et les cieux vous en seront gré.

Ainsi, vous avez coupé vos cheveux. Vous avez coupé ces tresses noires avec leurs belles torsades. Que puis-je vous dire ? Que puis-je vous dire quand les ciseaux ont coupé court à tout blâme ?

Aucune importance ! Aucune importance ! Car je ne puis aller contre le conseil que vous a donné le coiffeur italien... Que Dieu ait pitié des âmes des aïeux de tous les Italiens.

Non contente de m'informer de cette immense perte, ma chère amie a désiré ajouté l'insulte au préjudice en s'adressant (à moi comme à) "un poète et un artiste qui s'est enamouré d'une élégante chevelure blonde, car il ne tire de plaisir que de cheveux blonds, ne chante les louanges que des cheveux blancs et ne peut supporter que l'existence des têtes à cheveux blonds".

Ô Seigneur, mon Dieu pardonne à Mary chacun des mots qu'elle a prononcés, pardonne-lui, et lave ses péchés avec l'éclat de ta lumière divine. Révèle-lui, dans ses rêves comme à ses heures de veille, le "catholicisme" fervent de Ton serviteur Gibran dans tout ce qui a trait à ta beauté. Ô Dieu, envoie  l'un de Tes anges pour l'informer que Ton serviteur vit dans un ermitage aux innombrables fenêtres, grâce auxquelles il peut observer les manifestations de Ta beauté et de Ton excellence en toutes choses et en tous lieux, qu'il chante les louanges des cheveux noirs autant que celles des cheveux blonds, et qu'il s'émerveille tout autant devant des yeux noirs que devant des yeux bleus. Je t'en supplie, mon Seigneur et mon Dieu, exhorte Mary à ne pas humilier les poètes et les artistes en la personne de Ton serviteur Gibran.... Amen

Après cette longue prière, comment pouvez-vous attendre de moi que je discute des inconvénients des barbes naturelles ? Totalement impossible ! Cependant, je chercherai un coiffeur italien dans cette ville, et lui demanderai s'il est capable de transformer une barbe naturelle et non taillée en une simple barbe arrondie - arrondie, autrement dit, arrondie avec un compas !

Puisque je fais autorité en matière chirurgicale, je ne crains guère une intervention.

Mais revenons à cette discussion sur vos yeux.

Comment vont vos yeux, Mary ? Vous savez, vous savez au fond de votre coeur que la santé de vos yeux me préoccupe beaucoup. Comment pouvez-vous en douter quand c'est avec vos yeux que vous voyez ce qui est caché derrière le voile ? Vous savez que le coeur humain est régi par les lois de la distance et de la mesure, et que le sentiment le plus fort et le plus profondément ancré dans notre coeur est celui auquel nous succombons, et qu'en y succombant nous éprouvons plaisir, réconfort et tranquillité, quand bien même nous sommes incapables d'expliquer ou d'analyser sa nature. Il suffit que ce sentiment soit profond, fort et divin. Alors pourquoi questionnez-vous et doutez-vous ? Lequel d'entre nous, Mary, est capable de traduire le langage du monde invisible dans le langage du monde visible ? Lequel d'entre nous peut dire : "Dans mon âme brûle une flamme blanche, en voici les raisons et voici quels en seront les effets" ?

J'ai demandé des nouvelles de vos yeux, Mary, parce que je m'inquiète beaucoup à leur sujet, parce que j'aime leur lumière, j'aime leur regard lointain et j'aime les images qui dansent dans leurs regards rêveurs.

Mais mon intérêt pour vos yeux ne signifie en rien que je me soucie moins de votre front ou de vos doigts.

Que Dieu vous bénisse, Mary bien-aimée, et qu'Il bénisse vos yeux, votre front, vos doigts, et qu'Il vous garde toujours pour moi.

 

Gibran

 

 


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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 13:34

 

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New York, 12 janvier 1925

 

 

Mary,

 

Le six de ce mois, j'ai pensé à vous à chaque minute et à chaque seconde, et j'ai traduit tout ce qui m'était dit dans la langue de Mary et de Gibran - une langue qu'aucun des habitants de cette terre ne peut comprendre, à l'exception de Mary et de Gibran... et bien entendu, vous savez que chaque jour de l'année est l'anniversaire de chacun d'entre nous.

 

Les Américains sont, de tous les peuples du monde, ceux qui aiment le plus célébrer des anniversaires, envoyer et recevoir des présents. Et pour une raison qui m'échappe, les Américains me témoignent leur générosité à cette occasion. Le six de ce mois, j'étais gêné par leur générosité envahissante et rempli d'un profond sentiment de gratitude. Mais Dieu sait que le mot que j'ai reçu de vous m'était infiniment plus cher et plus précieux que tout ce que les autres peuvent faire pour moi. Dieu le sait, et votre coeur aussi.

 

Après les festivités, nous nous sommes assis ensembles, vous et moi, à l'écart pour parler longuement, nous dire ce qui ne peut être exprimé que par la mélancolie et parler de ce qui ne peut être dit que par l'absence d'espoir. Puis nous avons regardé une étoile dans le lointain et sommes restés silencieux. Après quoi, nous avons repris notre conversation jusqu'à ce que l'aube poigne, votre main s'est posée sur mon coeur battant jusqu'au lever du jour.

 

Que Dieu veille sur vous et vous protège, Miriam, et qu'Il vous inonde de Sa Lumière. Que Dieu vous garde pour celui qui vous aime.

 

Gibran

 

 

 

 


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:33

 

 

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Ma maison me dit : "Ne me quitte pas, car c'est ici que réside ton passé."

Et la route me dit : "Viens et suis-moi, car je suis ton avenir."

 

A toutes deux, à ma maison et à ma route, je leur dis : "Je n'ai ni passé ni avenir.

Si je séjourne ici, il y aura un départ dans mon séjour ; et si je pars, il y aura un séjour dans mon départ.

Seuls l'amour et la mort changent toutes choses."

 

 

 

Khalil Gibran - Sable et Ecume

 

 

 


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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 12:45

 

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Un jour, ma bien-aimée et moi ramions sur le lac d'eaux douces.

Et les collines du Liban nous enlaçaient.

Nous voguions du côté des saules pleureurs, et leurs reflets ondoyaient autour de nous.

Et pendant que je dirigeai la barque avec une rame, ma bien-aimée prit son luth

et chanta ainsi :

 

Quelle fleur, hormis le lotus,

Connaît les eaux et le soleil ?

Quel coeur, hormis le coeur du lotus,

Connaîtra aussi bien la terre que le ciel ?

Contemple, mon amour, la fleur dorée

Qui flotte entre le profond et l'élevé,

Tout comme toi et moi flottons entre un amour

Qui soupire de tout temps

Et soupira pour toujours.

 

Plonge ta rame, mon amour,

Et laisse-moi effleurer mes cordes.

Suivons les saules, sans oublier les nénuphars.

A Nazareth vit un poète

Dont le coeur est comme le lotus.

Il a visité l'âme de la femme,

Et il connaît sa soif qui éclôt des eaux

Et sa faim de soleil,

Bien que toutes ses lèvres soient nourries.

 

On dit qu'il chemine en Galilée.

Je dis qu'il rame avec nous.

Ne peux-tu pas voir son visage, mon amour ?

Ne peux-tu vois, là où la branche du saule se ploie

Pour rencontrer son reflet,

Qu'il flotte avec nous ?

 

Bien-aimé, il est bon de connaître la jeunesse de la vie.

Il est bon de connaître sa joie chantante.

Puisses-tu toujours tenir la rame

Et moi, mon luth affiné,

Quand le lotus rit au soleil

Et le saule caresse les eaux,

Et sa voix vibre sur mes cordes.

 

Plonge ta rame, mon amour,

Et laisse-moi effleurer mes cordes.

Il est un poète à Nazareth

Qui nous connaît et nous aime.

Plonge ta rame, mon amant,

Et laisse-moi effleurer mes cordes.

 

 

 

XLVIII JONATHAN - Jésus le Fils de l'Homme - KHALIL GIBRAN

 

 

 


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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:46

 

 Love and heart Free II by wallcoocagegrises

 

 

 

 

 

 

Dans une lettre du 15 janvier 1924,

May avait écrit à Gibran

 

 

"Les épanchements auxquels je me livre auprès de vous - que signifient-ils ? Je ne sais pas trop ce que je veux dire par là. Mais je sais que vous êtes mon bien-aimé et que je voue un culte à l'amour. Je dis tout cela en sachant parfaitement que même le plus infime amour est grand. La pauvreté et les épreuves, qui vont de pair avec l'amour, sont de loin préférables à la richesse sans lui. Comment se peut-il que j'ose ainsi vous avouer de telles pensées ? En le faisant, je les perds... et pourtant, j'ose quand même le faire. Dieu merci, j'écris tout cela au lieu de le dire de vive voix, parce que si vous étiez présent en cet instant, en chair et en os, je me rétracterais et vous fuirais pour longtemps, et je ne vous laisserais pas me revoir tant que vous n'auriez pas oublié mes paroles.

/

Je me reproche même de vous écrire ces mots, car en écrivant, il me semble perdre beaucoup trop de libertés... et je me rappelle ce que disaient les sages de l'Orient : "Il est préférable qu'une jeune femme ne sache ni lire ni écrire".

A ce stade de mes réflexions, se profile devant moi la figure de Thomas l'incrédule. "hérédité a-t-elle quelque chose à voir ici, ou bien s'agit-il de quelque de chose de plus profond ? Qu'en est-il ? Dites-le moi, je vous en prie. Dites-moi si j'ai raison ou tort, car j'ai confiance en vous par tempérament je crois tout ce que vous me dites ! Que j'aie tort ou raison, mon coeur vous reste acquis, et je préfère qu'il demeure auprès de vous en gage de protection et de tendresse pour veiller sur vous et vous chérir.

/

Le soleil est à présent passé derrière l'horizon lointain, et entre les nuages, aux formes et à l'aspect si merveilleux, est apparu un astre unique et lumineux, Vénus, la déesse de l'amour. Je me demande si cet astre est habité par des êtres comme nous, qui aiment et regorgent d'un désir éperdu. Est-il possible que Vénus ne soit pas comme moi, qu'elle n'ait pas son propre Gibran - lointaine et belle présence qui, en réalité, est très proche - et qu'elle ne soit pas en train de lui écrire en cet instant même, alors que le crépuscule bascule derrière l'horizon, en sachant que l'obscurité suivra le crépuscule et que la lumière suivra l'obscurité ; que la nuit succédera au jour et que le jour succédera à la nuit, et qu'il en sera ainsi maintes fois avant qu'elle ne voie son bien-aimé ? Toute la solitude du crépuscule se glisse en elle, et toute la solitude de la nuit. Alors, elle pose sa plume et se protège de l'obscurité derrière le bouclier d'un nom unique : Gibran"

 

 

 

 


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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 08:21

 

 646917L'absence L'oeil de verre

      L'absence photo d'Oeil de verre

 

 

 

 

 

 

 

New York, 2 novembre 1924

 

Mary,

 

Vous connaissez les raisons de mon silence, mais pas moi. Et il est vraiment injuste que cet état d'incompréhension perturbe à ce point mes jours comme mes nuits.

 

Les actes et les paroles sont tous à la mesure des intentions et des raisons qui les sous-tendent, et mon intention était dans la main de Dieu. Dites-moi, ma douce bien-aimée, qu'est-il advenu de vous l'année dernière ? Dites-le moi, et que Dieu vous récompense de ma part.

 

Que Dieu vous protège et remplisse votre coeur de Sa lumière.

 

Gibran

 

 

***************

 

 

 

New York, le 9 décembre 1924

 

 

Quelle est gentille ma bien-aimée qui se souvient de moi chaque jour dans ses prières ! Quelle est gentille, que son coeur est grand et que son âme est belle !

 

Mais que le silence de ma bien-aimée est étrange, oui, que son silence est étrange ! Ce silence est aussi long que l'éternité, aussi profond que les rêves des dieux. C'est un silence qui ne peut être traduit dans aucune langue mortelle. Ne vous souvenez-vous pas que quand c'était votre tour d'écrire, vous ne l'avez pas fait ?

Avez-vous oublié que nous étions convenus de faire régner entre nous la paix et la concorde avant que la nuit ne recouvre la terre ?

 

Vous vous enquérez de ma santé et de mes pensées et de mes préoccupations. Pour ce qui est de mon état, je suis exactement comme vous, Mary. Pour ce qui est de mes pensées, elles sont toujours enveloppées de brume, comme elles l'ont toujours été depuis que nous nous sommes rencontrés - vous et moi - au cours des mille dernières années. Pour ce qui est de mes préoccupations aujourd'hui, elles sont troubles et confuses, de celles qu'un homme tel que moi doit résoudre qu'il le veuille ou non.

 

La vie, Miriam, est une belle chanson, certains d'entre nous n'en produisent qu'une seule notre, tandis que d'autres en chantent le refrain. Et il me semble, Miriam, que je ne puis émettre une note ni le refrain. Il me semble que je suis encore dans la brume qui nous a réunis il y a mille ans.

 

Malgré tout cela, je passe la plupart du temps à peindre, et de temps à autre, je m'évade dans quelque endroit reculé dans la campagne, emportant avec moi un petit carnet de notes dans la poche. Un de ces jours, je vous enverrai quelques feuillets.

 

C'est tout ce que je sais sur "moi", alors revenons à ce qui est important, revenons à notre tendre bien-aimée. Comment allez-vous, et comment vont vos yeux ? Êtes-vous aussi heureuse au Caire que je le suis à New York ? Arpentez-vous votre chambre après minuit ? Vous tenez-vous près de la fenêtre, pour regarder de temps à autre les étoiles ? Après cela, allez-vous vous coucher ? Et séchez-vous avec le couvre-lit ces sourires qui s'estompent dans vos yeux ? Êtes-vous aussi heureuse au Caire que je le suis à New York ? Je pense à vous, Mary, chaque jour et chaque nuit. Je pense toujours à vous, et dans chacune de mes pensées se mêlent un certain plaisir et une certaine peine. Ce qui est étrange, Miriam, c'est que chaque fois que je pense à vous, je vous murmure secrètement : "Venez épancher vos soucis ici, contre ma poitrine". Et par moments, je vous donne des noms inconnus de tous sinon des père aimants et des mères compatissantes.

 

J'embrasse la paume de votre main droite, ensuite j'embrasse la paume de votre main gauche, suppliant Dieu de vous protéger et de vous garder, de remplir votre coeur de Sa lumière et de veiller sur vous comme sur le plus aimé des êtres.

 

 

 

Gibran

 

 

 


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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 05:59

 

 

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La solitude est une tempête silencieuse

qui arrache toutes nos branches mortes.

Cependant, elle enfonce nos racines plus profondément

dans le coeur vivant de la terre vivant.

 

 

Khalil Gibran -  extrait Sable et Ecume 1926

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 07:16

 

 

 

 

 

 

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 11:55

 

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New York, 26 février 1924

 

 

 

 

Aujourd'hui, nous subissons une terrible tempête de neige. Mary, vous savez combien j'aime toutes les tempêtes, en particulier les tempêtes de neige. J'aime la neige, j'aime sa blancheur, j'aime la neige qui tombe et son profond silence. J'aime la neige au fond des lointaines vallées inconnues où les flocons scintillent à la lumière du soleil, clignotant un instant avant de fondre et de lentement couler en murmurant leur chant.

 

J'aime la neige et le feu, tous deux naissent de la même source, mais mon amour pour eux n'a jamais été qu'une prédisposition pour un amour plus puissant, plus vaste et plus sublime.

Comme ces mots sonnent bien :

 

May, nous célébrons aujourd'hui notre anniversaire,

Et en vous nous célébrons la vie.

 

Quelle différence entre ces vers arabes et ceux qui m'a envoyés récemment un poète américain :

Votre honneur et votre récompense

Seront d'être crucifié.

 

Peu importe ! La seule chose qui compte à mes yeux est de recevoir cet honneur et cette récompense avant que la fin n'arrive.

Revenons à la question de votre "anniversaire". Je souhaite savoir quel jour de l'année est née ma douce aimée. Je veux le savoir. J'aime les anniversaires et les célébrer. Mais l'anniversaire de Mary aura la priorité absolue. Vous me direz : "Chaque jour est mon anniversaire, Gibran", et je répondrai : "Oui, et je célébrerai votre anniversaire chaque jour, mais il doit y avoir un anniversaire spécial une fois par an".

 

Je suis heureux que vous m'avez dit que ma barbe ne m'appartient pas vraiment. Je m'en réjouis immensément, et je pense que le renoncement à ma barbe est l'une des ces clauses d'importance vitale. Cette barbe a occupé nombre de mes pensées et m'a valu des épreuves fort inutiles. Mais à présent que ma barbe relève de la responsabilité de quelqu'un d'autre que moi, je lui épargnerai le contact de ma main et le tranchant de mon rasoir. Laissons-en la responsabilité à celui qui en réclame la propriété. Que Dieu bénisse celui qui en réclame la propriété. Toutefois, votre perspicacité m'évite de devoir me soucier de l'aspect pratique de la taille en question....

 

SIC TRANSIT GLORIA MUNDI

("Ainsi passe la gloire du monde"Pensée tirée de l'Imitation de Jésus-Christ)

 

... Voyez, ma douce aimée, comment la plaisanterie nous a entraînés dans le Saint des Saints de la vie. Le [mot arabe] rafiqah (compagnon) a fait battre mon coeur, aussi me suis-je levé pour arpenter la pièce comme si je cherchais ma "compagne". Quel étrange effet peuvent avoir parfois sur nous certains mots - et que le son que fait ce mot ressemble au carillon des cloches de l'église. C'est la transmutation de cette essence invisible, passant de la simple expression au silence, de la simple action à l'adoration.

 

Vous me dites que vous avez peur de l'amour ; pourquoi cela, ma tendre amie ? Avez-vous peur de la lumière du soleil ? Avez-vous peur du flux et du reflux de la mer ? Avez-vous peur du jour naissant ? Avez-vous peur du retour du printemps ? Je me demande pourquoi vous avez peur de l'amour ?

 

Je sais que l'amour d'une âme basse ne peut vous satisfaire, tout comme je sais qu'il ne peut pas me plaire. Vous et moi ne sauront jamais nous satisfaire de ce qu'il y a de mesquin dans l'esprit. Nous voulons tout en quantité. Nous voulons tout avoir. Nous voulons la perfection. Je dis, Mary, que dans cette aspiration qui est la nôtre se trouve notre accomplissement, car si notre volonté n'était qu'une ombre parmi les innombrables ombres de Dieu, nul doute que nous atteindrions l'un des nombreux rayons de Sa lumière.

 

Oh ! Mary, n'ayez pas peur de l'amour ! N'ayez pas peur de l'amour, amie de mon coeur. Nous devons nous soumettre à lui malgré ce qu'il peut nous apporter de souffrance, de désolation, de nostalgie, de perplexité et de confusion.

 

Ecoutez, Mary : aujourd'hui, je suis dans une prison de désirs, qui sont nés lorsque moi-même je suis venu au monde. Et aujourd'hui, je me trouve entravé par les chaînes d'une idée aussi vieille que les saisons de l'année. Pouvez-vous faire montre de mansuétude à mon égard, dans ma prison, afin que nous puissions émerger enfin à la lumière du soleil ? Resterez-vous près de moi jusqu'à ce que ces chaînes soient détruites et que nous puissions marcher librement et dans entraves jusqu'au sommet de la montagne ?

 

Et maintenant, venez plus près, rapprochez votre front de moi - comme ceci, comme ceci, et que Dieu vous bénisse et vous protège, compagne bien-aimée de mon coeur.

 

 

Gibran

 

 

 

 

 

 

 


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