Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 13:41
Montage photos Hasu no Hana

Montage photos Hasu no Hana

Recueil « L’amour la poésie » (1929) Paul Eluard

 

 

A Gala ce livre sans fin

 

PREMIEREMENT

 

 

A haute voix

 

A haute voix

L’amour agile se leva

Avec de si brillants éclats

Que dans son grenier le cerveau

Eut peur de tout avouer

 

A haute voix

Tous les corbeaux du sang couvrirent

La mémoire d’autres naissances

Puis renversés dans la lumière

L’avenir roué de baisers

 

Injustice impossible un seul être est au monde

L’amour choisit l’amour sans changer de visage

 

Paul Eluard

 

 

Amoureuse au secret

 

Amoureuse au secret derrière ton sourire

Toute nue les mots d’amour

Découvrent tes seins et ton cou

Et tes paupières

Découvrent toutes les caresses

Pour que les baisers dans tes yeux

Ne montrent que toi toute entière.

 

Paul Eluard

 

 

Bercée de chair

 

Bercée de chair frémissante pâture

Sur les rives du sang qui déchirent le jour

Le sang nocturne l’a chassée

Echevelée la gorge prise aux abus de l’orage

Victime abandonnée des ombres

Et des pas les plus doux et des désirs limpides

Son front ne sera plus le repos assuré

Ni ses yeux la faveur de rêver de sa voix

Ni ses mains les libératrices

 

Criblée de feux, criblée d’amour n’arrivant personne

Elle se forge des douleurs démesurées

Et toutes ses raisons de souffrir disparaissent.

 

Paul Eluard

 

 

Bouches gourmandes des couleurs

 

Bouches gourmandes des couleurs

Et les baisers qui les dessinent

Flamme feuille l’eau langoureuse

Une aile les tient dans sa paume

Un rire les renverse.

 

Paul Eluard

 

 

D’une seule caresse

 

D’une seule caresse

Je te fais brille de tout ton éclat

 

Paul Eluard

 

 

Elle ne sait pas tendre des pièges

 

Elle ne sait pas tendre des pièges

Elle a les yeux sur sa beauté

Si simple si simple séduire

Et ce sont ses yeux qui l’enchaînent

Et c’est sur moi qu’elle s’appuie

Et c’est sur elle qu’elle jette

Le filet volant des caresses

 

Paul Eluard

 

 

 

Elle se penche sur moi

 

Elle se penche sur moi

Le cœur ignorant

Pour voir si je l’aime

Elle a confiance elle oublie

Sous les nuages de ses paupières

Sa tête s’endort dans mes mains

Où sommes-nous

Ensemble inséparables

Vivants vivants

Vivant

Vivante

Et ma tête roule en ses rêves.

 

Paul Eluard

 

 

Il fallait bien qu’un visage

 

Il fallait bien qu’un visage

Réponde à tous les noms du monde

 

Paul Eluard

 

 

J’ai fermé les yeux

 

J’ai fermé les yeux pour ne plus rien voir

J’ai fermé les yeux pour pleurer

De ne plus te voir

Où sont tes mains et les mains des caresses

Où sont tes yeux les quatre volontés du jour

Toi tout à perdre tu n’es plus là

Pour éblouir la mémoire des nuits

 

Tout à perdre je me vois vivre.

 

Paul Eluard

 

 

 

Je me suis séparé de toi

 

Je me suis séparé de toi

Mais l’amour me précédait encore

Et quand j’ai tendu les bras

La douleur est venue s’y faire plus amère

Tout le désert à boire

 

Pour me séparer de moi-même

 

Paul Eluard

 

 

 

Je te l’ai dit pour les nuages

 

Je te l’ai dit pour les nuages

Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer

Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles

Pour les cailloux du bruit

Pour les mains familières

Pour l’œil qui devient visage ou paysage

Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur

Pour toute la nuit bue

Pour la grille des routes

Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert

Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles

Toute caresse toute confiance se survivent

 

Paul Eluard

 

 

L’aube, je t’aime

 

L’aube, je t’aime j’ai toute la nuit dans les veines

Toute la nuit je t’ai regardé

J’ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres

Elles me donnent le pouvoir

De t’envelopper

De t’agiter désir de vivre

Au sein de mon immobilité

Le pouvoir de te révéler

De te libérer de te perdre

Flamme invisible dans le jour

Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour

Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même.

 

Paul Eluard

 

 

Ses yeux sont des tours de lumières

 

Ses yeux sont des tours de lumières

Sous le front de sa nudité

 

A fleur de transparence

Les retours de pensées

Annulent les mots qui sont sourds

Elle efface toutes les images

Elle éblouie l’amour et ses ombres rétives

Elle aime – elle aime à s’oublier

 

Paul Eluard

 

 

Les représentants tout-puissants du désir

 

Les représentants tout-puissants du désir

Des yeux graves nouveau-nés

Pour supprimer la lumière

L’arc de tes seins tendu par un aveugle

Qui se souvient de tes mains

Ta faible chevelure

Est dans le fleuve ignorant de ta tête

Caresses au fil de la peau

 

Et ta bouche qui se tait

Peut prouver l’impossible.

 

Paul Eluard

 

 

Plus c’était un baiser

 

Plus c’était un baiser

Moins les mains sur les yeux

Les halos de lumière

Aux lèvres de l’horizon

Et des tourbillons de sang

Qui se livraient au silence

 

Paul Eluard

 

 

Toi la seule

 

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire

Toi c’est la tête qui t’enlève

Et du haut des dangers de mort

Sur les globes brouillés de pluie des vallées

Sous la lumière lourde sous le ciel de terre

Tu enfantes la chute.

 

Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant

Ni la paresse ni la fatigue

Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles

Au matin des caprices

Au matin des caresses visibles

Au grand matin de l’absence la chute

Les barques de tes yeux s’égarent

Dans la dentelle des disparitions

Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre

Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.

 

Paul Eluard

 

 

La terre est bleue

 

La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas

Ils ne vous donnent plus à chanter

Au tour des baisers de s’entendre

Les fous et les amours

Elle sa bouche d’alliance

Tous les secrets tous les sourires

Et quels vêtements d’indulgence

A la croire toute nue.

 

Les guêpes fleurissent vert

L’aube se passe autour du cour

Un collier de fenêtres

Des ailes couvrent les feuilles

Tu as toutes les joies solaires

Tout le soleil sur la terre

Sur les chemins de ta beauté.

 

Paul Eluard

 

 

Mon amour pour avoir figuré mes désirs

 

Mon amour pour avoir figuré mes désirs

Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre

Tes baisers dans la nuit vivante

Et le sillage de tes bras autour de moi

Comme une flamme en signe de conquête

Mes rêves sont au monde

Clairs et perpétuels

Et quand tu n’es pas là

Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

 

Paul Eluard

 

 

Où la vie se contemple tout est submergé

 

Où la vie se contemple tout est submergé

Monté les couronnes d’oubli

Les vertiges au cœur des métamorphoses

D’une écriture d’algues solaires

L’amour et l’amour.

 

Tes mains font le jour dans l’herbe

Tes yeux font l’amour en plein jour

Les sourires par la taille

Et tes lèvres par les ailes

Tu prends la place des caresses

Tu prends la place des réveils

 

Paul Eluard

 

 

Si calme la peau grise éteinte calcinée

 

Si calme la peau grise éteinte calcinée

Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givre

Elle n’a plus de la lumière que les formes

 

Amoureuse cela lui va bien d’être belle

Elle n’attend pas le printemps

 

La fatigue la nuit le repos le silence

Tout un monde vivant entre des astres morts

La confiance dans la durée

Elle est toujours visible quand elle aime.

 

Paul Eluard

 

Le mensonge menaçant

 

Le mensonge menaçant les ruses dures et glissantes

Des bouches au fond des puits des yeux au fond des nuits

Et des vertus subies des filets à jeter au hasard

Les envies d’inventer d’admirables béquilles

Des faux des pièges entre les corps entre les lèvres

Des patiences massives des impatiences calculées

Tout ce qui s’impose et qui règne

Entre la liberté d’aimer

Et celle de ne pas aimer

Tout ce que tu ne connais pas

 

Paul Eluard

 

 

Le sommeil a pris ton empreinte

 

Le sommeil a pris ton empreinte

Et la colore de tes yeux

 

Paul Eluard

 

Une brise de danses

 

Une brise de danses

Par une route sans fin

Les pas des feuilles plus rapides

Les nuages cachent ton ombre

 

La bouche au feu d’hermine

A belles dents le feu

Caresse couleur de déluge

Tes yeux chassent la lumière

La foudre rompt l’équilibre

Les fuseaux de la peur

Laissent tomber la nuit

Au fond de ton image

 

Paul Eluard

 

Nos yeux se renvoient la lumière

 

Nos yeux se renvoient la lumière

Et la lumière le silence

A ne plus se reconnaître

A survivre à l’absence

 

Paul Eluard

 

 

Le front aux vitres

 

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin

Ciel dont j’ai dépassé la nuit

Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes

Dans leur double horizon inerte indifférente

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin

Je te cherche par delà l’attente

Par delà moi-même

Et je ne sais plus tant je t’aime

Lequel de nous deux est absent

 

Paul Eluard

 

 

L’habituelle

 

L’habituelle

Joue bonjour comme on joue l’aveugle

L’amour alors même qu’on y pense à peine

Elle est sur le rivage et dans tous les bras

Toujours

Les hasards sont à sa merci

Et les rêves des absents

Elle se sait vivante

Toutes les raisons de vivre

 

Paul Eluard

 

 

Les corbeaux battent la campagne

 

Les corbeaux battent la campagne

La nuit s’éteint

Pour une tête qui s’éveille

Les cheveux blancs le dernier rêve

Les mains se font jour de leur sang

Une étoile nommée azur

Et dont la forme est terrestre

 

Folle des cris à pleine gorge

Folle des rêves

Folle aux chapeaux de sœur cyclone

Enfance brève folle aux grands vents

 

Comment ferais-tu la belle la coquette ?

 

Ne rira plus

L’ignorance l’indifférence

Ne révèlent pas leur secret

Tu ne sais pas saluer à temps

Ni te comparer aux merveilles

Tu ne m’écoutes pas

 

Mais ta bouche partage l’amour

Et c’est par ta bouche

Et c’est derrière la buée de nos baisers

Que nous sommes ensembles.

 

Paul Eluard

 

Repost 0
Published by Lotus - dans Paul Eluard
commenter cet article
25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:55
Recueil Le Phénix - Paul Eluard

Recueil « Le phénix » Paul Eluard paru 1951

 

Le Phénix rend hommage à Dominique la troisième compagne de Paul Eluard. Grâce à elle, tel le phénix, le poète renaît de ses cendres après le départ de Gala et la mort prématurée de Nusch, ses deux premières muses. De très beaux poèmes, chantant la vie, la femme et l’amour renaissant

 

 

Air Vif

 

J’ai regardé devant moi

Dans la foule je t’ai vue

Parmi les blés je t’ai vue

Sous un arbre je t’ai vue

 

Au bout de tous mes voyages

Au fond de tous mes tourments

Au tournant de tous les rires

Sortant de l’eau et du feu

 

L’été l’hiver je t’ai vue

Dans ma maison je t’ai vue

Entre mes bras je t’ai vue

Dans mes rêves je t’ai vue

 

Je ne te quitterais plus.

 

Paul Eluard

 

Certitude

 

Si je te parle c’est pour mieux t’entendre

Si je t’entends je suis sûr de comprendre

 

Si tu souris c’est pour mieux m’envahir

Si tu souris je vois le monde entier

 

Si je t’étreins c’est pour me continuer

Si nous vivons tout sera à plaisir

 

Si je te quitte nous nous souviendrons

Et nous quittant nous nous retrouverons.

 

Paul Eluard

 

 

Chanson

 

Dans l’amour la vie a encore

L’eau pure de ses yeux d’enfant

Sa bouche est encore une fleur

Qui s’ouvre sans savoir comment

 

Dans l’amour la vie a encore

Ses mains agrippantes d’enfant

Ses pieds partent de la lumière

Et ils s’en vont vers la lumière

 

Dans l’amour la vie a toujours

Un cœur léger et renaissant

Rien n’y pourra jamais finir

Demain s’y allège d’hier.

 

Paul Eluard

 

 

Dominique aujourd’hui présente

 

 

Toutes les choses au hasard

Tous les mots dits sans y penser

Et qui sont pris comme ils sont dits

Et nul n’y perd et nul n’y gagne

 

Les sentiments à la dérive

Et l’effort le plus quotidien

La vague souvenir des songes

L’avenir en lutte à demain

 

Les mots coincés dans un enfer

De roues usées de lignes mortes

Les choses grises et semblables

Les hommes tournant dans le vent

 

Muscles voyants squelette intime

Et la vapeur des sentiments

Le cœur réglé comme un cercueil

Les espoirs réduits à néant

 

Tu es venue à l’après midi crevait la terre

Et la terre et les hommes ont changé de sens

Et je me suis trouvé réglé comme un aimant

Réglé comme une vigne

 

A l’infini notre chemin le but des autres

Des abeilles volaient futures de leur miel

Et j’ai multiplié mes désirs de lumière

Pour en comprendre la raison

 

Tu es venue j’étais très triste j’ai dit oui

C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde

Petite fille je t’aimais comme un garçon

Ne peut aimer que son enfance

 

Avec la force d’un passé très loin très pur

Avec le feu d’une chanson sans fausse note

La pierre intacte et le courant furtif du sang

Dans la gorge et les lèvres

 

Tu es venue le vœu de vivre avait un corps

Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres

Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glaçons

Comme un œil qui voit clair

 

L’herbe fine figeait le vol des hirondelles

Et l’automne pesait dans le sac des ténèbres

Tu es venue les rives libéraient le fleuve

Pour le mener jusqu’à la mer

 

Tu es venue plus haute au fond de ma douleur

Que l’arbre séparé de la forêt sans air

Et le cri du chagrin du doute s’est brisé

Devant le jour de notre amour

 

Gloire l’ombre et la honte ont cédé au soleil

Le poids s’est allégé le fardeau s’est faire rire

Gloire le souterrain est devenu sommet

La misère s’est effacée

 

La place d’habitude où je m’abêtissais

Le couloir sans réveil l’impasse et la fatigue

Se sont mis à briller d’un feu battant des mains

L’éternité s’est dépliée

 

Ô toi mon agitée et ma calme pensée

Mon silence sonore et mon écho secret

Mon aveugle voyante et ma vue dépassée

Je n’ai plus eu que ta présence

 

Tu m’as couvert de ta confiance.

 

Paul Eluard

 

 

Et un sourire

 

La nuit n’est jamais complète

Il y a toujours puisque je le dis

Puisque je l’affirme

Au bout du chagrin une fenêtre ouverte

Une fenêtre éclairée

Il y a toujours un rêve qui veille

Désir à combler faim à satisfaire

Un cœur généreux

Une main tendue une main ouverte

Des yeux attentifs

Une vie la vie à se partager

 

Paul Eluard

 

 

Il faut bien y croire

 

Les jeux de ces curieux enfants qui sont les nôtres

Jeux simples qui leur font les yeux émerveillés

Pleins d’une fièvre qui les rapproche et les éloigne

Du monde où nous rêvons de faire place aux autres

 

Les jeux d’azur et de nuages

De gentillesses et de courses à la mesure d’un cœur futur

Qui ne sera jamais coupable

Les yeux de ces enfants qui sont nos yeux anciens

 

Nous eûmes plus de charmes que jamais les fées.

 

 

Paul Eluard

 

 

Je t’aime

 

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues

Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécus

Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud

Pour la neige qui font pour les premières fleurs

Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas

Je t’aime pour aimer

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

 

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu

Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte

Entre autrefois et aujourd’hui

Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille

Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir

Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie

Comme on oublie

 

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne

Pour la santé

Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion

Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas

Tu crois être le doute et tu n’es que raison

Tu es le grand soleil qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi.

 

1950 – Paul Eluard

 

 

 

Marine

 

Je te regarde et le soleil grandit

Il va bientôt couvrir notre journée

Eveille-toi cœur et couleur en tête

Pour dissiper les malheurs de la nuit

 

Je te regarde tout est nu

Dehors les barques ont jeu d’eau

Il faut tout dire en peu de mots

La mer est froide sans amour

 

C’est le commencement du monde

Les vagues vont bercer le ciel

Toi tu te berces dans tes draps

Tu tires le sommeil à toi

 

Eveille-toi que je suive tes traces

J’ai un corps pour t’attendre pour te suivre

Des portes de l’aube aux portes de l’ombre

Un corps pour passer ma vie à t’aimer

 

Un cœur pour rêver hors de ton sommeil

Paul Eluard

 

 

Nous deux

 

Nous deux nous tenant par la main

Nous nous croyons partout chez nous

Sous l’arbre doux sous le ciel noir

Sous tous les toits au coin du feu

Dans la rue vide en plein soleil

Dans les yeux vagues de la foule

Auprès des sages et des fous

Parmi les enfants et les grands

L’amour n’a rien du mystérieux

Nous sommes l’évidence même

Les amoureux se croient chez nous

 

Paul Eluard

 

 

Printemps

 

Il y a sur la plage quelques flaques d’eau

Il y a dans les lois des arbres fous d’oiseaux

La neige fond dans la montagne

Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs

Que le pâle soleil recule

 

C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur

Que je vis ce printemps près de toi l’innocente

Il n’y a pas de nuit pour nous

Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi

Et tu ne veux pas avoir froid

 

Notre printemps est un printemps qui a raison

 

Paul Eluard

 

 

Sérénité

 

Mes sommets étaient à ma faille

J’ai roulé dans tous mes ravins

Et je suis bien certain que ma vie est banale

Mes amours ont poussé dans un jardin commun

Mes vérités et mes erreurs

J’ai pu les peser comme on pèse

Le blé qui double le soleil

Ou bien celui qui manque aux granges

J’ai donné à ma soif l’ombre d’un gouffre lourd

J’ai donné à ma joie de comprendre la forme

D’une jarre parfaite

 

Paul Eluard

 

 

Le phénix

 

Je suis le dernier sur ta route

Le dernier printemps la dernière neige

Le dernier combat pour ne pas mourir

Et nous voici plus bas et plus haut que jamais

 

Il y a de tout dans notre bûcher

Des pommes de pins des sarments

Mais aussi des fleurs plus fortes que l’eau

 

De la boue et de la rosée

 

La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne

A nos pieds des insectes des oiseaux des hommes

Vont s’envoler

 

Ceux qui volent vont se poser

 

Le ciel est clair la terre est sombre

Mais la fumée s’en va au ciel

Le ciel a perdu tous ces feux

 

La flamme est restée sur la terre

 

La flamme est la nuée de cœur

Et toutes les branches du sang

Elle chante notre air

 

Elle dissipe la buée de notre hiver

 

Nocturne et en horreur a flambé le chagrin

Les cendres ont fleuri en joie et en beauté

Nous tournons toujours le dos au couchant

 

Tout à la couleur de l’aurore

 

Paul Eluard

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Lotus - dans Paul Eluard
commenter cet article
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 14:55
L'aube, Je t'aime - Paul Eluard - Recueil L'amour la poésie

L'aube, je t'aime

 

 

L'aube, je t'aime j'ai toute la nuit dans les veines

Toute la nuit je t'ai regardée

J'ai tout à deviner je suis sûr des ténébres

Elles me donnent le pouvoir

De t'envelopper

De t'agiter désir de vivre

Au sein de mon immobilité

Le pouvoir de te révèler

De te libérer de te perdre

Flamme invisible dans le jour

Si tu t'en vas la porte s'ouvre sur le jour

Si tu t'en vas la porte s'ouvre sur moi-même.

 

 

 

Recueil L'amour la poésier - PREMIEREMENT -

Paul Eluard 1929

Repost 0
Published by Paul Eluard - dans Paul Eluard
commenter cet article
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 13:46
Rouge Amoureuse - Paul Eluard - Recueil "L'amour la poésie"

Rouge amoureuse

 

 

 

Rouge amoureuse

Pour prendre part à ton plaisir

Je me colore de douleur.

 

J'ai vécu tu fermes les yeux

Tu t'enfermes en moi

Accepte donc de vivre.

 

Tout ce qui se répète est incompréhensible

Tu nais dans un miroir

Devant mon ancienne image.

 

 

 

Recueil L'amour la poèsie - PREMIEREMENT

Paul Eluard 1929

Repost 0
Published by Paul Eluard - dans Paul Eluard
commenter cet article
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 13:16
Amoureuse au secret - Paul Eluard - Recueil "L'amour la poésie"

Amoureuse au secret

 

Amoureuse au secret derrière ton sourire

Toute nue les mots d'amour

Découvrent tes seins et ton cou

Et tes paupières

Découvrent toutes les caresses

Pour que les baisers dans tes yeux

Ne montrent que toi toute entière.

 

Recueil L'amour la poésie - PREMIEREMENT- 1929

Paul Eluard

Repost 0
Published by Paul Eluard - dans Paul Eluard
commenter cet article

Vous Êtes Sur

  • : au-coeur-du-lotus.over-blog.fr
  •  au-coeur-du-lotus.over-blog.fr
  • : Faire partager mes envies, ma spiritualité, mes livres, la musique, mon univers...
  • Contact

 

 

 

 

 

BlogLotus3

Recherche

Bloglotus3

Archives

 

 

BlogLotus4bis

Journal De Vie

blogLotus5