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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 14:03
Et si on parlait d'amour - Jacques Salomé -

Editorial février 2007

 

Et si on parlait d'amour

 

Un premier amour est souvent semblable à un prématuré trop tôt lancé dans la vie. Aussi faut-il en prendre soin, le protéger, ce qui n'est pas évident pour beaucoup. Bien-sûr, il nous restera toujours la possibilité de le maltraiter, ce dont certains ne se privent pas.

 

L'amour est avant tout une vibration, une énergie qui nous habite et nous transporte, au sens fort du terme, vers un autre et de préférence vers l'amour d'un autre. Ce que nous recherchons sans oser le reconnaître (et qui donne lieu à des malentendus) c'est un amour en réciprocité, qui s'accorde, qui résonne avec le notre. Ce qui est parfois le cas... mais pas toujours.

 

L'amour nous fait rêver et par là même nous transforme. C'est un des rares phénomènes humains qui nous permet d'accéder au meilleur de nous mêmes (et de l'autre) et parfois aussi... au pire !

L'amour ne peut se dépouiller de ses rêves. Il est porteur d'espèrances c'est à dire aussi d'exigences.

Et puis il nous faudra apprendre à distinguer l'amour de ce qu'il serait possible d'appeler les pseudos amours. Les pseudos amours se présentent masqués, derrière des apparences sympathiques ou séduisantes qui se font aussi appeler amour.

 

Tel l'amour de besoin qui est surtout une demande qui peut se transformer en exigence quand le "je t'aime" veut dire "je veux être aimé par toi".

Il y a aussi les amours de manque où en disant "je t'aime" l'on demande en fait à l'autre de nous aimer pour remplacer un amour antérieur qui s'est dérobé ou un amour actuel défaillant ou insatisfaisant. Avec une attente sous-jacente : "je voudrais être aimé par toi, comme un(e) aurait dû m'aimer".

Un autre pseudo amour est l'amour de peur, lié à l'angoisse d'être abandonné ou rejeté : "je vais t'attacher avec mes "je t'aime" et tu devras me jurer de ne jamais me quitter".

Il y a encore les amours terroristes qui veulent s'imposer et déclencher celui de l'autre : "puisque je t'aime, tu dois l'aimer", l'amour de consommation, dans lequel c'est l'amour de l'autre qui est aimé et non sa personne :"j'aime que tu m'aimes"...

 

Il faut du temps pour savoir différencier l'amour de ces pseudos amours et reconnaître ce que j'appelle le don d'amour qui sera lui, porteur d'un mouvement, d'une offrande offerte sans contrepartie, même si nous souhaitons que notre amour trouve un écho chez l'autre et soit amplifié par lui.

Tout amour est à la fois de l'ordre de la révélation et de la création. Certains partenaires amoureux restent au temps de la révélation sans se donner les moyens de nourir, d'amplifier, d'agrandir leurs sentiments dans les grands rires de la vie avec toutes leurs ressources et leur vitalité.

 

Jacques Salomé psychosociologue et écrivain

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 13:34
Les mystères de l'amour - Jacques Salomé -

Editorial juin 2006

 

Les mystères de l'amour

 

En amour, nous avons beaucoup de croyances mais il n'existe qu'une seule certitude : nul ne sait à l'avance la durée de vie d'un amour ! Ce qui explique que toute relation amoureuse est une relation à risques car ni l'un (aimé ou aimant) ni l'autre (aimée ou aimante) ne sait à l'avance combien durera son propre amour ou celui de l'autre.

 

Par contre nous pouvons découvrir les multiples visages de l'amour avec ses labyrinthes complexes et approcher quelqu'uns de ces mystères. Ce qui ne nous sera d'ailleurs d'aucune aide pour mieux vivre nos sentiments après une perte ou une séparation ; mais nous invitera à mieux savourer et vivre au présent l'amour quand il est là entier et vivant en nous !

 

Certains amours s'éteignent d'un seul coup - la veille on aimait encore et ce matin on n'aime plus. Tout se passe comme si l'amour s'était évaporé, dissout avait disparu soudainement de notre coeur, de nos émois, de nos désirs.

 

D'autres mettent du temps à mourir, ils s'épuisent, s'usent, s'altérent, se dévitalisent et s'enfoncent dans la morosité des jours. Et d'autres au contaire s'accrochent tenacement, ne se découragent jamais, résistent à toutes les rebuffades, aux maltraitances et même aux trahisons, comme s'ils étaient persuadés qu'ils arriveront un jour à changer l'autre.

Il arrive aussi à certains amours d'être à éclipse. Ils disparaissent durant quelques années, puis ressurgissent vingt ans plus tard comme ressuscités. Ils sont à nouveau présents avec une intensité telle qu'ils emportent tous les obstacles.

D'autres encore survivent bien après la disparition de l'aimé(e), se magnifient à son souvenir, se transforment en cathédrales,en temple ou en oeuvre d'art, en adoration inépuisée.

 

Nous avons aussi une deuxième certitude : c'est que nous n'avons aucun pouvoir sur nos sentiments. Quand ils sont là, ils n'obéissent qu'à eux-mêmes. On peut essayer de les raisonner, de les apaiser, on peut prendre cent fois la décision de ne plus aimer, d'oublier nos sentiments, de ne plus penser à l'aimé(e), tout cela est voué à l'échec, l'amour s'impose à nous avec ses propres lois.

Il arrive parfois qu'un nouvel amour déloge celui qui est en place, le réduise au silence et même le rejette dans les limites de l'indifférences.

 

Tout amour peut ouvrir et agrandir notre coeur et aussi parfois le tordre, le déchirer de douleur. C'est à nous de veiller à l'accueillir, d'aménager un espace de vie qui lui donnera la place qu'il réclame, c'est à nous d'être à la fois humble et reconnaissant de sa présence en nous.

 

Jacques Salomé psychosociologue et écrivain 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 15:53

Editorial Août 2006

 

Le mot amour

 

C'est un mot que tout le monde utilise, un mot à la fois commun et magique, pauvre et riche, banal et étonnant, mais surtout pleins d'ombres et de lumières.

On dit que les nomades de Sibérie ont beaucoup de mots différents précis, adaptés, sensibles pour dire la neige, pour nommer chacun des aspects, des fonctions, des qualités de la neige. Celle qui est attendue, celle qui vient d'arriver, celle qui tombe doucement en molleton léger, celle qui cingle apportée par le vent du Nord, celle qui s'est déposée dans la nuit, celle du soir, celle de la semaine passée, de la saison à venir, celle de la mort du père, de la naissance d'un enfant...

Pour ceux qui vivent dans le désert, le mot sable peut-être énoncé d'une infinité de façons et pour ceux qui pêchent des éponges dans l'Océan Indien, les mots pour désigner l'eau, la chercher, lui parler, la boire, se laver avec, cuire les aliments ou descendre dans ses profondeurs ont des variations infinies.

 

Dans notre langue le mot amour est un mot à la fois, trop sec et ruisselant d'images. Il est souvent galvaudé, conjugué, utilisé indistinctement pour nommer des sentiments très divers "j'aime ma femme, mon chat et le pot au feu..." ou encore "je n'aime pas tes parents, mais j'aime qu'ils t'aient donné le jour !". C'est un mot grenouille qui veut avaler toutes les nuances du sentiment amoureux, non seulement chez celui qui aime, mais aussi chez celui qui est aimé.

Les couleurs et les variations infinies de l'amour naissant, et mêmes celles de l'avant amour, quand nous ne savonspas encore que nous aimons, celles de l'amour ébloui, comblé, les subtilités de l'amour blessé, les infinis graduations de l'amour finissant, les murmures et les odeurs du souvenir, de la nostalgie aimante, celles du regret ou de la haine, quand l'amour blessé ne peut se dire qu'avec son contraire. Des mots de haine quand l'amour violenté se transforme en hostilité, en détestation, en amertume ou ressentiment et entretient un feu destructeur capable de tout détruire sur son passage.

 

Mais quand nous sommes en amour, nous déclinons ce mot avec des murmures ou des chants, des poèmes ou des silences chargés d'émotions, des intonations différentes, avec des regards, des gestes, des attentions particulières. Nous le ciselons avec des chuchotements et parfois même avec des cris. Nous l'accordons avec d'autres mots, des adverbes, des adjectifs, des verbes énamourés, nous le flattons avec des élans, des enthousiasmes nous l'agrandissons avec des rêves et des fantasmes.

 

Nous tentons aussi de l'allèger quand, dans l'absence, il pèse si lourd. Nous désirons le recréer quand il s'éloigne, voulons le faire germer pour des temps de famine affective. Nous souhaitons le réchauffer aux soleils des étés perdus l'hiver venu.

Nous le berçons avec des regrets dans les temps de solitude. Le mot d'amour ne parle pas toujours d'amour, il dit plus souvent l'attente, le désir, le besoin, la déception, la frustration que la plénitude, le plaisir, l'abondance ou l'abandon.

Alors si nous rencontrez le mot amour à l'orée d'une rencontre, à l'aube d'une relation, n'hésitez pas à l'apprivoiser, à en prendre soin et à le protéger, il contient des rêves et des élans précieux.

Il est porteur d'une sève précieuse, celle de toutes les offrandes, il est le réceptacle de l'infinie confiance à s'abandonner au recevoir.

 

Jacques Salomé psychosociologue et écrivain www.j-salome.com site officiel

Le mot amour - Jacques Salomé
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