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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 20:59

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Air Vif- derniers poèmes d'amour -

 

 

 

 

J'ai regardé devant moi

Dans la foule je t'ai vue

Parmi les blés je t'ai vue

Sous un arbre je t'ai vue

 

Au bout de tous mes voyages

Au fond de tous mes tourments

Au tournant de tous les rires

Sortant de l'eau et du feu

 

L'été hiver je t'ai vue

Dans ma maison je t'ai vue

Entre mes bras je t'ai vue

Dans mes rêves je t'ai vue

 

 

Je ne te quitterai plus

 

 

Paul Eluard

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 13:14

 

 

 

 

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Une histoire

 

Et c'est au fil de nos sourires

que se noua le premier fil

 

Et c'est au fil de nos désirs

qu'il se multiplia par mille

 

Etait-ce au fil de mes espoirs

qu'en araignée tu fis ta toile ?

 

Car c'est au fil de tes départs

qu'au piège je fus l'animal...

 

Alors qu'au fil de ton plaisir

se brisera... le dernier fil.

 

 

 

 

 

Muet

 

 

Ouvre-moi tes bras

Et me sois refuge

Ouvre-moi tes bras

Et me sois rempart

Ouvre-moi tes bras

En me sois espoir

Ouvre-moi tes bras

Et me sois bien-être

Ouvre-moi tes bras

Quand me vois paraître

Ouvre-moi tes bras...

Et me sois...

Refuge

 

 

 

Esther Granek, Je cours après mon ombre 1981

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 12:52

 

 

 

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Abri

 

Dans les lignes de ta main

Pour me plaire j'y veux voir

Que rien ne nous sépare

Et qu'avons même destin.

 

 

Dans les lignes de ta main

Je découvre en cherchant

Les signes bienfaisants

De ce qui me convient.

 

 

Dans le creux de ta paume

Où ma main se blottit

Je retrouve mon abri

Doux et calme. Comme un baume.

 

 

 

 

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978


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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 13:40

 

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Poème choisit qui reflète ma soirée d'hier soir,

où j'étais absente pendant un moment. Lotus

 

 

 

Absences

 

 

Tout proche de l'interlocuteur

et pourtant loin, l'esprit ailleurs,

comme en un voyage m'évadant,

je suis là, présent et absent,

hochant la tête de temps en temps

 

 

Tout proche de l'interlocuteur

et pourtant loin, l'esprit ailleurs,

combien de fois, ai-je trahi

quand je semblais, yeux et ouïe

attentif à mon vis-à-vis ?

 

 

 

Esther Granek, Ballades et réflextion à ma façon 1978

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 13:28

 

 

 

 

 

 

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Bruyants Silences

 

 

C'est le grand silence de la vie

qui me tinte aux oreilles

 

C'est vilain  silence qui glapit

rien qu'à lui-même pareil

 

C'est bruyant silence de la foule

caquetant tout son saoul

 

C'est parfait silence de parlotes

où chacun radote

Et dans ce guignol

qui ricane

qui rigole

qui me suit

me poursuit

 

et encore mieux m'isole,

 

C'est le dur silence de la vie

qui me tinte aux oreilles.

 

 

 

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 13:16

 

 

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Joie de la Famille photo Géo.fr

 

 

 

 

 

Lorsque l'enfant paraît,

 

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille

Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille

Fait briller tous les yeux,

Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être

Se dérident soudain à voir l'enfant paraître

Innocent et joyeux.

 

Soit que juin ait verdi mon seuil ou que novembre

Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre

Les chaises se toucher,

Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire

On rit, on se récrie, on l'appelle et sa mère

Tremble à le voir marcher

 

Quelque fois, nous parlons, en remuant la flamme,

De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme

Qui s'élève en priant ;

L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie

Et les poètes saints ! la grave causerie

S'arrête en souriant.

 

La nuit, quand l'homme doit, quand l'esprit rêve, à l'heure

Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure

L'onde entre les roseaux

Si l'aube tout à coup, là-bas, lui comme un phare

Sa clarté dans les champs éveille une fanfare

De cloches et d'oiseaux !

 

Enfants, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine

Qui des plus douces fleurs embaume son haleine

Quand vous la respirez ;

Mon âme est la forêt dont les sombres ramures

S'emplissent pour vous seul de suaves murmures

Et de rayons dorés !

 

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies

Car vos petites mains, joyeuses et bénies

N'ont point mal fait encore ;

Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange

Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! Bel ange

A l'auréole d'or !

 

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche

Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche

Vos ailes sont d'azur

Sans le comprendre encore, vous regardez le monde

Double virginité ! Cors où rien n'est immonde

Âme où rien n'est impur !

 

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire

Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire

Ses pleurs vite apaisés

Laissant errer sa vue étonnée et ravie

Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie

Et sa bouche aux baisers!

 

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime

Frères, parents, amis et ennemis même

Dans le mal triomphant

De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles

La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles

La maison sans enfants.

 

 

Victor Hugo, Les feuilles d'automne

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 19:17

 

 

 

 

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Contradictions

 

 

Ils cohabitent en moi.

Se battent sans qu'on le voie :

 

Le passé le présent

Le futur et maintenant

L'illusion et le vrai

Le maussade et le gai

La bêtise, la raison

Et les oui et les nons

L'amour de ma personne

Les dégoûts qu'elle me donne

Les façades qu'on se fait

Et ce qui derrière est

Et les peurs qu'on avale

Les courages qu'on étale

Les envies de dire zut

Et les besoins de lutte

Et l'humain et la bête

Et le ventre et la tête

Les sens et la vertu

Le caché et le nu

L'aimable et le sévère

Le prude et le vulgaire

Le parleur le taiseur

Le brave et le peureux

Et le fier et le veule...

 

 

Pour tout ça, je suis seul.

 

 

Esther Granek, Ballade et Réflexion à ma façon, 1978

 

 

 

 

Je trouve une certaine ressemblance avec mes contradictions. Etant un signe double, je ne peux que avoir ces contradictions.

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:05

 

 

 

 

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Photo Géo.fr

 

 

 

 

Saisir l'instant

 

 

Saisir l'instant tel une fleur

Qu'on insère entre deux feuillets

Et rien n'existe avant après

Dans la suite infinie des heures

Saisir l'instant

 

 

Saisir l'instant. S'y réfugier

Et s'en repaître. En rêver.

A cette épave s'accrocher.

Le mettre à l'éternel présent.

Saisir l'instant.

 

Saisir l'instant. Construire un monde.

Se répéter que lui seul compte.

Et que le reste est complément.

S'en nourrir inlassablement

Saisir l'instant.

 

 

Saisir l'instant tel un bouquet

Et de sa fraîcheur s'imprégner

Et de ses couleurs se gaver.

Ah ! combien riche alors j'étais !

Saisir l'instant

 

 

Saisir l'instant à peine né

Et le bercer comme un enfant.

A quel moment ai-je cessé ?

Pourquoi ne puis-je.... ?

 

 

 

 

Esther Granek, Je cours après mon ombre 1981

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 13:32

 

 

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Brise marine

 

 

 

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.

 

Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres

 

D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !

 

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

 

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

 

Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe

 

Sur le vide papier que la blancheur défend

 

Et ni la jeune femme allaitant son enfant

 

Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

 

Lève l'ancre pour une exotique nature !

 

 

 

 

Un ennui, désolé par les cruels espoirs

 

Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !

 

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,

 

Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages

 

Perdus, sans mâts, sans mât, ni fertiles îlots...

 

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

 

 

 

 

 

 

 

Stéphane Mallarmé

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 16:58

 

 

 

 

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ISCHIA

 

 

Le soleil va porter le jour à d'autres mondes ;

Dans l'horizon désert Phébé monte sans bruit

Et jette, en pénétrant les ténèbres profondes,

Un voile transparent sur le front de la nuit

 

 

Voyez du haut des monts ses clartés ondoyantes

Comme un fleuve de flamme inonder les coteaux,

Dormir dans les vallons, on glisser sur les pentes,

Ou rejaillir au loin du sein brillant des eaux.

 

 

La douteuse lueur, dans l'ombre répandue,

Teint d'un jour azuré la pâle obscurité,

Et fait nager au loin dans la vague étendue

Les horizons baignés par sa molle clarté !

 

 

L'océan amoureux de ces rêves tranquilles

Calme, en laissant leurs pieds, ses orageux transports

Et pressant dans ses bras ces golfes et ces îles

De son humide haleine en rafraîchit les bords.

 

 

Du flot qui tour à tour s'avance et se retire

L'oeil aime à suivre au loin le flexible contour ;

On dirait un amant qui presse son délire

La vierge qui résiste, et cède tour à tour !

 

 

Doux comme le soupir de l'enfant qui sommeille,

Un son vague et plaintif se répand dans les airs.

Est-ce un écho du ciel qui charme notre oreille ?

Est-ce un soupir d'amour de la terre et des mers ?

 

 

Il s'élève, il retombe, il renaît, il expire,

Comme un coeur oppressé d'un poids de voluptés, ischia

Il semble qu'en ces nuits la nature respire,

Et se plaint comme nous de sa félicité !

 

 

Mortel ouvre ton âme à ces torrents de vie !

Reçois par tous les sens les charmes de la nuit,

A t'enivrer d'amour son ombre te convié ;

Son astre dans le ciel se lève, et te conduit.

 

 

 

 

Vois-tu ce feu lointain trembler sur la colline ?

Par la main de l'Amour c'est un phare allumé ;

Là, comme un lis penché, l'amante qui s'incline.

Prête une oreille avide aux pas du bien-aimé !

 

 

La vierge, dans le songe où son âme s'égare,

Soulève un oeil d'azur qui réfléchit les cieux,

Et ses doigts au hasard errant sur sa guitare

Jettent aux vents du soir des sons mystérieux !

 

 

Viens ! l'amoureux silence occupe au loin l'espace ;

Viens du soir près de moi respirer la fraîcheur !

C'est l'heure ; à peine au loin la voile qui s'efface

Blanchit en ramenant le paisible pêcheur !

 

 

Depuis l'heure où ta barque a fin loin de la rive,

J'ai suivi tout le jour ta voile sur les mers,

Ainsi que de son nid la colombe craintive

Suit l'aile du ramier qui blanchit dans les airs !

 

 

Tandis qu'elle glissait sous l'ombre du rivage,

J'ai reconnu ta voix dans la voix des échos

Et la brise du soir, en mourant sur la plage

Me rapportait tes chants prolongés sur les flots.

 

 

Quand la vague a grondé sur la côte écumante

A l'étoile des mers, j'ai murmuré ton nom,

J'ai rallumé sa lampe, et de ta seule amante

L'amoureuse prière a fait fuir l'aquilon !

 

 

Maintenant sous le ciel tout repose, ou tout aime

La vague en ondulant vient dormir sur le bord ;

La fleur dort sur sa tige et la nature même

Sous le dons de la nuit se recueille et s'endort.

 

 

Vois la mousse a pour nous tapissé la vallée,

Le pampre s'y recourbe en replis tortueux,

Et l'haleine de l'onde, à l'oranger mêlée,

De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux.

 

 

A la molle clarté de la voûte sereine.

Nous chanterons ensemble assis sous le jasmin

Jusqu'à l'heure où la lune, en glissant vers Misène

Se perd en pâlissant dans les feux du matin

 


tramontosantangeloischia

 

Elle chante : et sa voix par intervalle expire

Et des accords du luth plus faiblement frappés

Les échos assoupis ne livrent au zéphire

Que des soupirs mourants, de silence coupés

 

 

 

Celui qui, le coeur plein de délire et de flamme

A cette heure d'amour, sous cet astre enchanté,

Sentirait tout à coup le rêve de son âme

S'animer sous les traits d'une chaste beauté ;

 

 

 

Celui qui, sur la mousse, au pied du sycomore

Au murmure des eaux, sous un dais de saphirs,

Assis à ses genoux, de l'une à l'autre aurore,

N'aurait pour lui parler qui l'accent des soupirs ;

 

Celui qui, respirant son haleine adorée,

Sentirait ses cheveux, soulevés par les vents,

Caresser en passant sa paupière effleurée

Ou rouler sur son front leurs anneaux ondoyants,

 

Celui qui suspendant les heures fugitives,

Fixant avec l'amour son âme en ce beau lien

Oublierait que le temps coule encore sur ses rives,

Serait-il un mortel, ou serait-il un dieu ?...

 

Et nous, aux doux penchants de ces vers Elysées,

Sur ces bords où l'amour eût caché son Eden,

Au murmure plaintif de vagues apaisées,

Au rayons endormis de l'astre élysien,

 

Sous ce ciel où la vie, où le bonheur abonde,

Sur ces rives que l'oeil se plaît à parcourir,

Nous avons respiré cet air d'un autre monde,

Elyse,... et cependant on dit qu'il faut mourir !

 

 

Alphonse de Lamartine - Nouvelles méditations poétiques

 

 

 

 

capridaischia

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