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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 16:16

 

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De vous à moi

si votre coeur avait aimé

un filament de mes cheveux

alors sans hésiter

j'aurais couru vous rejoindre

 

Ono no Komachi - poètesse japonaise (825-900)

 

 

 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 11:30

 

 

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 - XXXV -

 

 

De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement,

tu joues avec moi

Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.

Je connais tes artifices.

Jamais tu ne dis mot que tu voudrais dire.

De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons.

De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.

Je connais tes artifices.

Jamais tu ne prends le chemin que tu voulais prendre.

Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse.

Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.

Je connais tes artifices.

Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.

 

Rabindranath Tagore

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 12:49

 

 

 

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Frère, nul n'est éternel et rien ne dure

Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

 

 

D'autres que nous ont porté l'antique fardeau de la vie

D'autres que nous ont fait le long voyage

Un poète ne peut chanter toujours la même ancienne chanson

La fleur se fane et meurt

Mais celui qui la portait ne doit pas toujours pleurer sur son sort

Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

 

 

Il faut un silence pour tisser une harmonie parfaite

La vie s'évanouit au coucher du soleil

Pour s'anéantir dans les ombres dorées

L'amour doit quitter ses feux

Pour boire à la coupe de la douleur

Et renaître dans le ciel des larmes

Frère, garde ceci dans ton coeur et réjouis-toi

 

 

Nous nous hâtons de cueillir nos fleurs

De peur qu'elles ne soient saccagées par le vent qui passe

Ravir un baiser, qui s'évanouirait dans l'attente

Faire bouillir notre sang et briller nos yeux

Notre vie est intense, nos désirs sont aiguisés

Car le temps sonne la cloche de la séparation

Frère, garde ceci dans ton coeur, et réjouis-toi

 

 

La beauté nous est douce

Parce qu'elle danse au même rythme fuyant que notre vie

Le savoir nous est précieux

Parce que jamais nous ne pourrons atteindre à la Science Suprême

Tout est fait et achevé dans l'éternité

 

 

Mais les fleurs terrestres de l'illusion

Sont gardées éternellement fraîches par la mort

 

 

Frère, garde ceci dans ton coeur, et réjouis-toi.

 

 

 

LXVIII

 

Le Jardinier d'Amour - Rabindranath Tagore

 

 

 

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 16:34

 

 

  Annabel_Lee_by_miss_ninja.png

 

miss-ninja.deviantart.com

 

 

 

 

 

 

Annabel Lee

 

 

C'était il y a longtemps, très longtemps,

Dans un royaume au bord de l'océan,

y vivait une vierge que vous pourriez connaître

Du nom d'Annabel Lee ;

Cette vierge vivait sans autre pensée

Que de m'aimer et d'être mon aimée.

 

Elle était une enfant et j'étais un enfant,

Dans ce royaume au bord de l'océan,

Mais nous aimions d'un amour

qui était plus que de l'amour

Moi et mon Annabel Lee,

D'un amour tel que les séraphins du Ciel

Nous jalousaient elle et moi.

 

Et c'est pourquoi, il y a longtemps,

Dans ce royaume au bord de l'océan

Les vents firent éclater un nuage et glacèrent

Ma toute belle Annabel Lee ;

Si bien que ses nobles parents sont venus

Et l'ont emportée loin de moi

Pour l'enfermer dans un tombeau

Dans ce royaume au bord de l'océan.

 

Les anges, loin d'être aussi heureux que nous au Ciel,

Nous envièrent elle et moi :

Oui ! C'est pour cela (comme chacun le sait

Dans ce royaume au bord de l'océan)

Qu'une nuit le vent surgit d'un nuage

Et glaça, et tua mon Annabel Lee.

 

Mais notre amour était beaucoup plus fort que l'amour

De nos aînés, de bien des personnes

Beaucoup plus sages que nous,

Et jamais les anges du Ciel là-haut

Ni les démons au fin fond de l'océan

Ne pourront séparer mon âme de l'âme

De ma toute belle Annabel Lee.

 

Car la lune, ne luit jamais, sans qu'elle me porte

Des rêves d'Annabel Lee, la toute belle,

Et les étoiles ne se lèvent jamais, sans que je sente

Les yeux vifs d'Annabel Lee, ma toute belle.

Ainsi, aux rives de la nuit, je me couche à côté

De ma chérie ! Ma chérie, ma vie, ma promise

Dans son tombeau, là, au bord de l'océan,

Dans sa tombe, à côté de l'océan.

 

 

Edgar Allan Poe

Traduction Roseau

 

 

 

 

 

 

 

 

Annabel Lee est le dernier des poèmes écrits par Edgar Allan Poe. Rédigé en 1849, il n'a été publié qu'après la mort de Poe, intervenue cette même année.

 

Le poème a été traduit en français par Stéphane Mallarmé.

 

Comme de nombreux poèmes de Poe, il évoque le thème de la mort d'une belle femme. Ecrit à la première personne, le poème relate l'amour tragique entre le narrateur et une belle jeune fille nommée Annabel Lee.

Le narrateur est uni à Annabel Lee par un amour si profond que les anges en conçoivent de la jalousie et tuent la jeune fille.

 

Après sa mort, le narrateur ne cesse de l'aimer. Son amour unit son âme à celle d'Annabel Lee par delà la mort.

 

On ne sait de manière certaine qui a fourni l'inspiration pour la figure d'Annabel Lee. La femme de Poe, Virginia Poe, est toute fois généralement considérée comme l'inspiration la plus probable.

 

Hubert-Félix Thiefaine a consacré une chanson à son personnage éponyme : Trois poèmes pour Annabel Lee dans son seizième album studio "Suppléments de mensonge". (voir une vidéo musicale de cette chanson sur le blog)

 

Source : Wikipédia

 

 

 

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 11:26

 

 

 

 

 

 

 

 

Rupture

 

 

 

 

J'effacerai le temps

J'effacerai les jours

Mais je sais qu'au retour

J'irai me questionnant

 

 

 

Voilà

J'ai les mains vides

Vides sont mes mains

Vides

Parfois je les regarde stupide

Et les feuilles tombent dans l'air limpide

Encore une fois

 

 

 

J'effacerai les places

J'effacerai les traces

Me faisant un espace

Dont tu seras absent

 

 

Encore une fois

Voilà

J'ai les mains vides

Et du creux de mes paumes arides

S'échappant fuyant entre mes doigts

Les restes d'un espoir pesant

 

 

 

J'effacerai les peines

J'effacerai les joies

Notre route bifurqua

Et chacun eut la sienne

 

 

 

Voilà, j'ai mes mains vides

Vides sont mes mains

Vides

Et les feuilles tombent dans l'air limpide

Encore une fois.

 

 

 

 

Esther Granek, Balades et Réflexions à ma façon 1978

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 12:55

 

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Tu te racontes

 

 

Tu te racontes sans le savoir

 

même quand tu poses et fais semblant

 

Tes gestes sont comme le miroir

 

de tes pensées d'hier, de maintenant.

 

 

 

De toi tu n'arrêtes de parler

 

tout en ne cessant de te taire.

 

Tu es malgré toi, livre ouvert

 

qui traduit ton langage codé.

 

 

 

Souvent rien qu'un tic te résume.

 

En lui s'abrite ton amertume

 

et dans chacun de tes mouvements

 

tu trahis tes rêves latents.

 

 

 

Pourtant tu te tiens sur tes gardes

 

et à personnes ne te confies.

 

A quoi cela sert-il, ma fille ?

 

puisque tous tes secrets bavardent....

 

 

 

 

 

Esther Granek, Balades et réflexions à ma façon 1978

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 12:11

 

 

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Rêves

 

 

Je te vois t'accrochant aux rêves.

Triste et dur sera ton réveil,

car poursuivant de faux soleils,

en eux se dessèchera ta séve.

 

 

En toi, tu sais vivre par coeur

à force d'imagination.

Tristes et dures seront les heures

te ramenant à la raison.

 

 

Tu vas, t'inventant des images,

inversant les réalités.

Triste et dur sera le voyage

qui vient parfois te réveiller.

 

Eh bien, qu'il me soit triste et dur !

Encore j'en veux payer le prix

et que mes rêves ne soient finis !

Par-delà mes réveils, qu'ils durent !

 

 

Esther Granek, Portraits et chansons sans retouches, 1976

 

 

 

 

 


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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 13:17

 

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Constatation

 

 

 

 

Je n'ai que moi

En chaque jour

Pour accueillir l'aube nouvelle

Mais dès qu'au songe je m'attèle

Je n'ai que toi

 

Je n'ai que moi

Pour encaisser

De toute la vie les escarres

Mais dès qu'en rêve, je m'égare

Je n'ai que toi

 

Je n'ai que moi

Lorsque j'épie

De l'avenir l'heure qui chante

Mais dans mes prières ardentes

Je n'ai que toi

 

Je n'ai que toi

Pour m'éblouir

Et pour embellir les images

Mais dès que j'ai tourné les pages

Je n'ai que moi.

 

 

 

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 11:11

 

 

 

 

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☼ Je suis ce que je suis ☼

 

 

 

 

La tulipe ne sera une rose

Et la rose ne sera un pissenlit

à quoi sert espérer être une rose

Quand au fond "Je suis ce que je suis"

 

 

Je suis peut être une tulipe

qui s'éveille à tous les printemps

Démontrant ses couleurs ses principes

Jugées souvent bien hors du temps

 

 

Je suis peut être une rose

dégageant l'arôme de l'amour

on se pique sur mon côté morose

mais le bonheur revient au détour

 

 

Je suis peut être un pissenlit

répandu et plutôt mal compris

mais sachez quand il est bien servi

il donnera du goût à votre vie

 

 

Qu'importe la fleur que vous soyez

vous avez tous un rôle à jouer

mais vous devez vous rappelez

de Celui qui vous a créé

 

 

La tulipe ne sera une rose

Et la rose ne sera un pissenlit

à quoi sert espérer être une rose

Quand on fond "Je suis ce que je suis"

 

 

 

Roger Kemp

 

 

 

 

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 13:04

 

 

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A Jérusalem

 

A Jérusalem, je veux dire à l'intérieur

des vieux remparts,

je marche d'un temps vers un autre

sans un souvenir

qui m'oriente.

Les prophètes là-bas se partagent

l'histoire du sacré... Ils montent aux cieux et reviennent moins

abattus et moins tristes,

car l'amour et la paix sont saints et ils viendront à la ville.

Je descends une pente, marmonnant :

Comment les conteurs ne s'accordent-ils pas sur les paroles

de la lumière dans une pierre ?

Les guerres partent-elles d'une pierre enfouie ?

Je marche dans mon sommeil.

Yeux grands ouverts dans mon songe,

je ne vois personne derrière moi. Personne devant.

Toute cette lumière m'appartient. Je marche.

Je m'allège, vole

et me transfigure.

Les mots poussent comme l'herbe

dans la bouche prophétique d'Isaïe : "Croyez pour être sauvés"

Je marche comme si j'étais un autre que moi.

Ma plaie est une rose

blanche, évangélique. Mes mains sont pareilles à deux colombes

sur la croix qui tournoient dans le ciel et portent la terre.

Je ne marche pas,

Je vole et me transfigure.

Pas de lieu, pas de temps. Qui suis-je donc ?

Je ne suis pas, moi en ce lieu de l'Ascension

Mais je me dis :

Seul le prophète Muhammad

parlait l'arabe littéraire. "Et après ?"

Après ? Une soldate me crie soudain :

Encore toi ? Ne t'ai-je pas tué ?

Je dis : Tu m'as tué... mais, comme toi,

j'ai oublié de mourir.

 

 

 

Mahmoud Darwich

 

 

 

 

Extrait du Livre Ne T'excuse pas - Mahmoud Darwich

Poèmes traduit de l'arabe (Palestine) par Elias Sanbar

Edition Actes Sud / Sindbad 2006

 

 

 

  Source : mahmoud-darwich.chezalice.fr

 

 

 

 

 

 


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