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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 11:26

 

 

 

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Pour vivre ici

 

 

 

Ton rire est comme un tourbillon de feuilles mortes

Froissant l'air chaud, l'enveloppent, quand vient la pluie

 

 

Amer, tu annules toute tragédie,

Et ton souci d'être un homme, ton rire l'emporte.

 

 

Je voudrais t'enfermer avec ta vieille peine

Abandonnée, qui te tient si bien quitte

Entre les murs nombreux, entre les ciels nombreux

De ma tristesse et de notre raison.

 

 

Là, tu retrouverais tant d'autres hommes,

Tant d'autres vies et tant d'espoirs

Que tu serais forcé de voir

Et de te souvenir que tu as su mentir...

 

 

Ton rire est comme un tourbillon de feuilles mortes

 

 

Le vent passe en les branches mortes

Comme ma pensée en les livres,

Et je suis là, sans voix, sans rien,

Et ma chambre s'emplit de ma fenêtre ouverte.

 

 

En promenade, en repos, en regards

Pour de l'ombre ou de la lumière

Ma vie s'en va, avec celle des autres

 

 

Le soir vient, sans voix, sans rien

Je reste là, me cherchant un désir, un plaisir ;

Et vain, je n'ai qu'à m'étonner d'avoir en à subir

Ma douleur, comme un peu de soleil dans l'eau froide.

 

 

1918

 

 

 

Paul Eluard - Premiers Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 12:15

 

 

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Un loup (2)

 

 

Le jour m'étonne et la nuit me fait peur

L'été me hante et l'hiver me poursuit

 

Un animal sur la neige a posé

Ses pattes sur le sable ou dans la boue

Ses pattes venues de plus loin que mes pas

Sur une piste où la mort

A les empreintes de la vie

 

 

 

Paul Eluard - Receuil Poésie et Vérité

 

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 17:14

 

 

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Abe no Kiyoyuki a adressé ceci à Ono no Komachi

(Kokinshû, 556)

 

 

Si bien fourré soit-il

dans la manche aucun refuge

pour le joyau blanc

La voir mes yeux ne le peuvent

tant ils sont noyés de larmes

 

 

Ono no Komachi répondit à Abe no Kiyoyuki

(Kokinshû, 557)

 

Bien futiles sont

les larmes qui dans la manche

sèment leurs joyaux

mais pour moi intarrissable

en cascade elles jaillissent

 

 

Extrait de 'De l'amour", II, livre XII

 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 20:40

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La Malédiction

 

 

 

 

Un aigle, sur un rocher, contemple l'horizon béat. Un aigle défend le mouvement des sphères. Couleurs douces de la charité, tristesse, lueurs sur les arbres décharnés, lyre en étoile d'araignée, les hommes qui sous tous les cieux se ressemblent sont aussi bêtes sur terre qu'au ciel.

Et celui qui traîne un couteau dans les herbes hautes, dans les herbes de mes yeux, de mes cheveux et de mes rêves, celui qui porte dans ses bras tous les signes de l'ombre, est tombé, tacheté d'azur, sur les fleurs à quatres couleurs.

 

 

 

 

 

Paul Eluard - Recueil "Mourir de ne pas Mourir"

 

 

 

 

 

 


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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:06

 

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Tableau de Signolet Martine

 

 

 

 

 

 

 

Marine

 

 

Je te regarde et le soleil grandit

Il va bientôt couvrir notre journée

Eveille-toi coeur et couleur en tête

Pour dissiper les malheurs de la nuit

 

 

Je te regarde tout est nu

Dehors les barques ont peu d'eau

Il faut tout dire en peu de mots

La mer est froide sans amour

 

 

C'est le commencement du monde

Les vagues vont bercer le ciel

Toi tu te berces dans tes draps

Tu tires le sommeil à toi.

 

 

Eveille-toi que je suive tes traces

J'ai un corps pour t'attendre, pour te suivre

Des portes de l'aube aux portes de l'ombre

Un corps pour passer ma vie à t'aimer

 

 

Un corps pour rêver hors de ton sommeil

 

 

 

 

Paul Eluard, receuil "Le Phénix"

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 11:36

 

 

 

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Ses yeux sont des tours de lumière

 

Sous le front de sa nudité

 

 

 

A fleur de transparence

 

Les retours de pensées

 

Annulent les mots qui sont sourds.

 

 

 

Elle efface toutes les images

 

Elle éblouie l'amour et ses ombres rétives

 

Elle aime - Elle aime à s'oublier

 

 

 

Paul Eluard - L'amour la poésie

 

 

 

 

 

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 12:34

 

 

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Mosquée Touba Sénégal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'aime

 

 

J'aime le message bleu de la mer

Le bruit des pas sur les routes

L'espoir au fond des prisons

Le refus des agenouillements

La dernière balle du dernier traqué de Thiaroye

 

 

J'aime le paysan sous le soleil

La solitude verte du berger

Le rêve à la clarté des étoiles

La voix flexueuses au bord de la lagune

 

 

J'aime le velours des cerisiers

Les heures douces sous le tamarinier

Le chevauchement des cauris sur le van

La rondeur des calebasses pleines

 

 

J'aime la danse autour du feu

La danse au clair de lune

Les ivresses de "Sandiaye"

 

 

J'aime les sinistrés de la dernière pluie

Les infirmes, les parias, les aveugles

Les veuves silencieuses

Les fous que rien n'étonne

 

 

 

J'aime les enfants pour leur innocence

Les filles pour leurs soupirs d'amour

Les femmes pour leur clair sourire

 

 

J'aime l'étendue de l'amour

J'aime la chaleur des mains

J'aime la caresse des voix

J'aime la tension des regards

J'aime l'Afrique tout entière à l'assaut des soleils

 

 

 

Amadou Moustapha Wade - Sénégal - 1923-2007

 

 

 

 

 

 

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 17:02

 

 

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Huile - Lointain bleu 6 -

d'Ait-Tassaout artiste peintre originaire de Marrakech

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bleu

 

Bleu comme le songe d'une nuit d'hiver, pesante et crispée. C'est n'est pas une couleur, c'est un sentiment, un champ qui se confond avec la mer. Pas l'océan atlantique ou pacifique. La mer ne peut être que la Méditerranée, apparemment calme et paisible. Réellement agitée de l'intérieur par des violences ou le sang des hommes est généreux.

 

Bleu comme la parole donnée, la parole tenue sur la montagne, sous un cèdre ou des oliviers. Bleu comme l'attente de l'aimée, la femme rêvée. Le temps volé, le temps dans les plis clandestins.

 

Paroles d'hommes qui n'ont pas besoin de parapher un bout de papier. Suffit le regard et la poignée de mains. Ce pacte invisible à la couleur bleue de l'âme apaisée.

 

Bleu comme la peur. Mais pourquoi associer cette teinte de la vie ouverte sur l'horizon à la peur, la frousse, la panique intérieures, la perte de repères, la perturbation des sens ?

 

Bleu comme la paresse, celle d'un enfant qui s'ennuie à l'école et dont on dit il est bleu en math, c'est-à-dire nul.

 

Et puis le désert vient s'insinuer dans cette aventure ; il est le miroir couvert de sable d'un ciel où les étoiles abondent et où le bleu vire vers la nuit. Mais le désert est souvent une idée, un phantasme de citadin qui rêve d'espace et de silence mais il ne sait pas que les dunes de sable sont le refuge d'insectes, d'animaux de toutes sortes et que la vie y est tumultueuse.

 

Alors il vaut mieux peindre la vie en bleu, par pour mentir ou pour arranger les choses, mais pour rendre à la nature une partie de ses couleurs.

 

 

Comment s'y prendre ? Dégager le ciel de ses nuages accumulés au point de devenir obscurs. Vider le ciel de cet amas de grisaille en y envoyant une flèche en papier comme les enfants savent en fabriquer. L'eau qui descendra ira irriguer des espaces qui ont soif. Prendre ensuite une échelle, pas n'importe laquelle, mais une vraie échelle en papier d'écolier. La placer dans l'axe précis qui mènera la main vers le ciel du ciel.

Il suffit de donner une première couche de bleu le reste se fera bleu tout seul car c'est une couleur contagieuse. Il faut souffler dessus. Pas trop car cela risque de la faire partir ailleurs ou la faire tomber dans la mer la plus proche.

Après le ciel, il faut penser à ramener le soleil. D'habitude, dès que le bleu s'installe, il rapplique. Il ne faut pas trop s'en approcher.

 

Quand on redescend sur terre, il faut prendre le temps de réfléchir parce que là, des hommes surveillent nos faits et gestes. Ils s'habillent de gris, laissent pousser leur barbe, voilent leurs femmes et copulent tristement dans le noir. S'ils vous voient vous promener avec un seau de peinture à la main, ils vous dénonceront comme colleur d'affiches en dehors de la période électorale puis comme voleur de nuit. Il est conseillé de planquer le pot de peinture dans un sac de voyageur. Une loi de 1857 interdit de peindre les murs de la ville en bleu.

Cette loi avait été votée au moment où le bleu était le signe de ralliement des amants des femmes infidèles. Elle est depuis oubliée mais on ne sait jamais.

 

Intervenir de nuit ou mieux au petit matin. Faire semblant de nettoyer les murs où se sont accumulées des affiches publicitaires de mauvais goûts où les femmes sont traités comme des esclaves du sexe et de la séduction pour vendre des aspirateurs, des téléphones ou des chaussures fabriquées par des enfants du Bangladesh. Recouvrir de bleu ces affiches indécentes est une façon de protester.

 

Avec les arbres, il faut faire attention. Seuls certains fruits doivent être peints en bleus. Eviter les abricotiers et les cerisiers. En revanche, il ne faut rater aucun oranger. Pourquoi les orangers ? Simplement parce que la terre est bleue comme une orange.

 

 

 

Tahar Ben Jelloum 2004

Source :www.taharbenjelloun.org

 

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 13:08

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L'appel du large

 

 

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,

Le coeur gros de rancune et de désirs amers,

Et nous allons, suivant le rythme de la lame,

Berçant notre infini sur le fini des mers.

 

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent

Pour partir coeurs léger, semblables aux ballons,

De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,

Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

 

Aimer savoir, celui qu'on tire du voyage !

Le monde, monotone et petit aujourd'hui

Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :

Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !

 

 

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 12:16

 

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L'aventure est d'abord humaine

 

 

 

 

L'aventure est d'abord humaine

Océan de vie, océan de paix

L'aventure est d'abord humaine

Cris de temps passé aux lisières des prés

L'aventure est d'abord humaine

Comme tous les solstices qui ont précédé

L'aventure est d'abord humaine

Fleuve d'harmonie, fleuve d'éternité

 

 

L'aventure est d'abord humaine

Alchimie d'amour, désirs d'Absolu

L'aventure est d'abord humaine

Désespoirs palpables, vifs, jaunes, crus

L'aventure est d'abord humaine

Désirs d'Olympe paraissant fanés

L'aventure est d'abord humaine

Riches, pourpres, exilés,

 

 

L'aventure est d'abord humaine

Des anciens temps aux nouveaux essors

L'aventure est d'abord humaine

D'absurde éclipses de sommeils morts

L'aventure est d'abord humaine

C'est la réalité qu'un jour des Dieux ont convoité

L'aventure est d'abord humaine

Absences de funambule, de rythmes sots, brusques, ancrés

 

 

L'aventure est d'abord humaine

Dans une église ou bien au Mausolée

L'aventure est d'abord humaine

Symbole d'obélisques qui arrachent le ciel

L'aventure est d'abord humaine

Lames coupantes et dures, faces à l'Eternel

L'aventure est d'abord humaine

Comme un jour nous obtenions le Feu

L'aventure est d'abord humaine

Ne restera qu'un chiffre pur, ce sera Deux.

 

 

 

Winston Perez, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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