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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 07:46

 

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Jardin fleuri de Klimt

 

 

 

JARDIN PERDU

 

 

à Lise Deharme.

 

 

 

Ce jardin donnait sur la mer

Gorge d'oeillet

Il imitait le bruit de l'eau

On sous-entendait la forêt

 

Son coeur débitait l'air du large

En massifs calmes

Ses fleurs montaient à pas de feuilles

Vers les racines du jour tendre

 

Ce jardin donnait sur la terre

Ses caresses pesaient si peu

Que des allées en jaillissaient

D'elles-mêmes à chaque instant

 

Une gamme de perspectives

S'offrait aux courants de la vu

Et le soleil couleur d'avril

Animait un ciel végétal.

 

 

 

Cours naturel - Paul Eluard 1938

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 12:37

 

 

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AU REVOIR

 

 

 

Devant moi cette main qui défait les orages

Qui défrise et qui fait fleurir les plantes grimpantes

Avec sûreté est-ce la tienne est-ce un signal

Quand le silence pèse encore sur les mares au fond

des puits tout au fond du matin.

 

Jamais décontenancée jamais surprise est-ce ta main

Qui jure sur chaque feuille la paume au soleil

Le prenant à témoin est-ce ta main qui jure

De recevoir la moindre ondée et d'en accepter le déluge

Sans l'ombre d'un éclair passé

Est-ce ta main ce souvenir foudroyant au soleil.

 

Prends garde la place du trésor est perdue

Les oiseaux de nuit sans mouvement dans leur parure

Ne fixent rien que l'insomnie aux nerfs assassins

Dénouée est-ce ta main qui est ainsi indifférente

Au crépuscule qui laisse tout échapper.

 

Toutes les rivières trouvent des charmes à leur enfance

Toutes les rivières reviennent du bain

Les voitures affolées parent de leurs roues le sein des places

Est-ce ta main qui fait la roue

Sur les places qui ne tournent plus

Ta main dédaigneuse de l'eau des caresses

Ta main dédaigneuse de ma confiance de mon insouciance

Ta main qui ne saura jamais me détourner de toi.

 

 

 

 

Paul Eluard - La vie immédiate

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:08

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 12:29

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CE QUE DIT

L'HOMME DE PEINE EST TOUJOURS HORS DE PROPOS

 

 

 

 

Un hiver tout en branches et dur comme un cadavre

Un homme sur un banc dans une rue qui fuit la foule

Et que la solitude comble

Place à l'appareil banal du désespoir

A ses miroirs de plomb

A ses bains de cailloux

A ses statues croupissantes

Place à l'oubli du bien

Aux souvenirs en loques de la vérité

Lumière noire vieil incendie

Aux cheveux perdus dans un labyrinthe

Un homme qui s'est trompé d'étage de porte de clé

Pour mieux connaître pour mieux aimer

 

Où commence le paysage

A quelle heure

Où donc se termine la femme

Le soir se pose sur la ville

Le soir rejoint le promeneur dans son lit

Le promeneur nu

Moins gourmand d'un sein vierge

Que de l'étoile informe qui nourrit la nuit

 

Il y a des démolitions plus tristes qu'un sou

Indescriptibles et pourtant le soleil s'en évade en chantant

Pendant que le ciel danse et fait son miel

Il y a des murs déserts où l'idylle fleurit

Où le plâtre qui se découd

Berce des ombres confondues

Un feu rebelle un feu de veines

Sous la vague unique des lèvres

Prenez les mains voyez les yeux

Prenez d'assaut la vue

 

Derrière les palais derrière les décombres

Derrière les cheminées et les citernes

Devant l'homme

Sur l'esplanade qui déroule son manteau de poussière

Traîne de fièvre

C'est l'invasion des beaux jours

Une plantation d'épées bleues

Sous les paupières écloses dans la foule des feuilles

C'est la révolte grave du plaisir

La fleur du lin brise les masques

Les visages sont lavés

Par la couleur qui connaît l'étendue

Les jours clairs du passé

Leurs lions en barre et leurs aigles d'eau pure

Leur tonnerre d'orgueil gonfant des heures

Du sang des aubes enchaînées

Tout au travers du ciel

Leur diadème crispé sur la masse d'un seul miroir

D'un seul coeur

 

Mais plus bas maintenant profondément parmi les routes abolies

Ce chant qui tient la nuit

Ce chant qui fait le sourd l'aveugle

Qui donne le bras à des fantômes

Cet amour négateur

Qui se débat dans les soucis

Avec des larmes bien trempées

Ce rêve déchiré désemparé tordu ridicule

Cette harmonie en friche

Cette peuplade qui mendie

 

Parce qu'elle n'a voulu que de l'or

Toute sa vie intacte

Et la perfection de l'amour.

 

 

 

 

 

Extrait La rose publique 1934 Paul Eluard

 

 

 

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:52

 

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NUITS PARTAGEES

 

 

 

Au terme d'un long voyage, je revois toujours ce corridor, cette taupe, cette ombre chaude à qui l'écume de mer prescrit des courants d'air purs comme de tout petits enfants, je revois toujours la chambre où je venais rompre avec toi le pain de nos désirs, je revois toujours ta pâleur dévêtues qui, le matin, fait corps avec les étoiles qui disparaissent. Je sais que je vais encore fermer les yeux pour retrouver les couleurs et les formes conventionnelles qui me permettent de t'aborder. Quand je les rouvrirai, ce sera pour chercher dans un coin de la pièce l'ombrelle corruptible à manche de pioche qui me fait redouter le beau temps, le soleil, la vie, car je ne t'aime plus au grand jour, car je regrette le temps où j'étais parti à ta découverte et le temps aussi où j'étais aveugle et muet devant l'univers incompréhensible et le système d'entente d'incohérent que tu me proposais.

 

N'as-tu pas suffisamment porté la responsabilité de cette candeur qui m'obligeait à toujours retourner tes volontés contre toi ?

 

Que ne m'as-tu donné à penser ! Maintenant, je ne viens plus te voir que pour être plus sûr du grand mystère que constitue encore l'absurde durée de ma vie, l'absurde durée d'une nuit.

 

Quand j'arrive, toutes les barques s'en vont, l'orage recule devant elles. Une ondée délivre les fleurs obscures, leur éclat recommence et frappe de nouveau mais l'idée du mensonge, mais l'idée d'une erreur sont tellement au-dessus de nos forces. Il y a si longtemps que la porte têtue n'avait pas cédé, si longtemps que la monotonie de l'espoire nourrissait l'ennui, si longtemps que tes sourires étaient des larmes.

 

Nous avons refus de laisser entres les spectateurs, car il n'y a pas de spectacle. Souviens-toi, pour la solitude, la scène vide, sans décors, sans acteurs, sans musiciens. L'on dit : le théâtre du monde, la scène mondiale et, nous deux, nous ne savons plus de ce que c'est. Nous deux, j'insiste sur ces mots, car aux étapes de ces longs voyages que nous faisions séparément, je le sais maintenant, nous étions vraiment ensemble, nous étions vraiment, nous étions, nous. Ni toi, ni moi ne savions ajouter le temps qui nous avait séparés à ce temps pendant lequel nous étions réunis, ni toi, ni moi ne savions l'en soustraire.

Une ombre chacun, mais dans l'ombre nous l'oublions.

 

  ☆

 

La lumière m'a pourtant donné de belles images des négatifs de nos rencontres. Je t'ai identifiée à des êtres dont seule la variété justifiait le nom, toujours le même, le tien, dont je voulais les nommer, des êtres que je transformais comme je te transformais, en pleine lumière, comme on transforme l'eau d'un source en la prenant dans un verre, comme on transforme sa main en la mettant dans une autre. La neige mêm, qui fut derrière nous l'écran douloureux sur lequel des cristaux des serments fondaient, la neige même était masquée. Dans les cavernes terrestres, des plantes cristallisées cherchaient les décolletés de la sortie.

 

Ténèbres abyssales toutes tendues vers une confusion éblouissante, je ne m'apercevais pas que ton nom devenait illusoire, qu'il n'était plus que sur ma bouche et que, peu à peu, le visage des tentations apparaissait réel, entier, seul.

C'est alors que je me retournais vers toi.[...]

 

 

 

 

Extrait de La Vie immédiate (1932) Paul Eluard

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 13:10

 

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Celle qui n'a pas la parole

 

 

Les feuilles de couleur dans les arbres nocturnes

Et la liane verte et bleue qui joint le ciel aux arbres,

Le vent à la grande figure

Les épargne. Avalanche, à travers sa tête transparente

La lumière, nuée d'insectes, vivre et meurt.

 

Miracle dévêtu, émiettement, rupture

Pour un seul être

 

La plus belle inconnue

Agonise éternellement.

 

Etoiles de son coeur aux yeux de tout le monde.

 

 

Recueil Mourir de ne pas mourir - Paul Eluard - 1924

 

 

 

 

 

 


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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 11:33

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Ma lune et mon soleil

 

Quand je pense a toutes tes rives, je sais que mon cœur de toi s'enivre.

Quand je ressent tout ce que tu me livre, je sais que prés de toi je suis libre.

Réchauffé par le soleil de ton cœur, je respire au grand air.

Éclairé par la lune de tes rêves, je sent vibrer mes ailes.

 

Toutes les intentions qui me traversent ont l'esprit, le corps et le cœur serein.

Toutes les affirmations que je confesse, me montre la route vers ton chemin.

C'est comme la traverser d'un grand voyage, que je fait sous tes étoiles.

C'est comme visiter les plus beaux paysages, car prés de toi je me sent Moi.

 

Quand je me berce dans tes désirs, je sens mon oxygène qui ce revitalise.

Quand tu te berce dans mes sourires, je ressent tout ton émoi, qui électrise.

Bien balancer, dans le croissant de lune, de toutes tes joies, mon âme s'apaise.

Bien allonger au dessus de tes dunes, j'ai tout mon être qui forment des braises.

 

Toutes mes envies, se dessinent comme la peinture d'un impressionniste.

Toutes mes lubies, s'imaginent en ta présence, dans une dorure très intimiste.

C'est comme un grand secret, que je découvre dans ton regard.

C'est comme une voie lactée, qui m'illumine comme un grand phare.

 

Quand je me lance a travers tout le planisphère, tout prés de moi tu y séjourne.

Quand je me décide a découvrir tous les mystères, rien de toi ne me détourne.

Bien cadencé dans un rythme, ou nos deux corps prennent domicile.

Bien calfeutré dans nos racines, nos branches donneront des roses, des lys et puis des scilles*

 

Toutes nos trouvailles seront brodées dans nos souvenirs, comme un parchemin sacré.

Tous nos détails, seront ficelées les uns aux autres, comme une grande fresque a admirer.

C'est comme un émerveillement, qui nous sourit dans l'éclat de toutes nos imaginations.

C'est comme un cadran solaire, qui nous unit, dans les secondes de toutes nos respirations.

 

Quand je pense a nos envols, notre parcourt fait le tour du globe.

Quand je pense a nos contrôles, tout notre amour nous englobe.

Absorbé par des effluves de sentiments et d'émotions, qui naviguent dans tout notre être.

Subjugué par des florilèges d'assortiment mélodieux, nous chanterons sans l'état du paraitre.

 

Toutes nos prédictions auront le gout et la visibilité bien parfumer.

Toutes nos révélations, seront vivantes et nous pourrons tous deux les réaliser.

C'est comme un charme, que je glisserai le long de ton cou, pour t'envelopper.

C'est comme cette flamme au fond de moi, qui pour toujours, pour toi, ne fera que Briller.

 

 

Écrit par Said Azzaoui

Tous droits réservés

 

 

scilles*: plantes vivaces à bulbe d'où part une tige florale portant une grappe de fleurs bleues ou purpurines en étoiles. Les feuilles toutes basales sont en général présentes lors de la floraison. originaire du Maroc

 

 

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Published by Saïd Azzaoui - dans Au coeur de la poésie
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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 07:13

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Auteur HPedrosa

 

 

Le Carrousel du Plaisir

 

 

 

C’est le carrousel,qui tourne, qui tourne au gré de l’instant.

Des bouts de ficelles qui vrillent qui vrillent au gré du vent.

C’est une note, qui nous prend le corps à cœur.

Qui nous ballotte, chez le grand carillonneur.

Qui nous entraîne bien au delà, des mesures.

Celles bien sereine, qui rafraîchi toutes nos postures.

 

C’est le violoncelle, qui va et viens très doucement.

Des petits bouts d’ailes, qui flottent qui flottent en tournoyant.

Et qui vivote de haut en bas, en se balançant.

Sans contre choc, pour notre plaisir a tout moment.

 

C’est le carrousel du plaisir, qui n’a que le souhait de nous embellir.

C’est le carrousel du plaisir, piloté par nos plus grands désirs.

C’est le carrousel du plaisir, qui n’a que le souhait de nous embellir.

C’est le carrousel du plaisir, accrochons nous a notre plus beaux sourire.

 

C’est cette seconde, qui brille qui brille au fond de nous.

Qui nous inonde, de milles sons par ses tambours.

Comme un orchestre, bien endiablée dans sa rythmique.

Qui fait vibrer, toutes nos cordes symphoniques.

Qui fait chanter, toutes les couleurs du temps.

Car dans ce monde, on se sent Bien à chaque tournant.

 

C’est cette ronde, qui nous entraîne dans les foules.

Qui nous surplombe, de sa mouvance qui nous enroule.

Comme une combinaison bien enjouée.

Qui nous inspire tous nos biens faits…

 

C’est le carrousel du plaisir, qui n’a que le souhait de nous embellir.

C’est le carrousel du plaisir, piloté par nos plus grands désirs.

C’est le carrousel du plaisir, qui n’a que le souhait de nous embellir.

C’est le carrousel du plaisir, accrochons nous a notre plus beaux sourire.

 

C’est cette altitude, qui nous emporte bien au-delà.

Une multitude de connexion, qui nous transperce au fond de soi.

Des instants de plaisirs en toute constance, qui nous font tourner la tête.

 

C’est le carrousel du plaisir, qui n’a que le souhait de nous embellir.

C’est le carrousel du plaisir, piloté par nos plus grands désirs.

C’est le carrousel du plaisir, qui n’a que le souhait de nous embellir.

C’est le carrousel du plaisir, accrochons nous a notre plus beaux sourire.

 

Ecrit par Saïd Azzaoui Tous droits réservé 31/01/2011

 

 

 

 

 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 16:14

 

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Notre nuit meilleure que nos jours

 

 

 

Le jour revient le jour est maintenant partout

 

La terre s'ouvre et glisse et meurt et disparaît

 

Mais déjà les vivants ont accepté leur sort

 

Dans l'épaisseur de l'homme une étoile s'éteint

 

Et la femme soulève son enfant de plomb

 

 

 

Le palais de la mer se dresse dans l'azur

 

Aujourd'hui comme hier le lande aux cloches pâles

 

La main sans avenir l'oiseau de nul présage

 

Les robes les maisons bien fermées à l'amour

 

La route monotone sous les pieds des pauvres

 

 

 

Le soleil n'est pas loin et toi qui dors encore

 

Tu montes lentement menant ton dernier rêve

 

Vers l'assouvissement de l'espace et ton sein

 

Et semblable à la terre au grain qui germera

 

Très précise fontaine de nécessité

 

 

 

Nous revenons ton soir nous revenons la nuit

 

Tout sera de nouveau teinté de nudité

 

La lumière perdra ses feuilles sur ton front

 

Tout sera recouvert de tes lègers secrets

 

Et le sommeil vivra sans fin jusqu'au matin.

 

 

 

 

 

Paul Eluard, Recueil Poésie et vérité

 

 

 

 

 

 

 


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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 15:54

 

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Pont sur le lac

 

 

 

Sa rambarde rouge, ses piliers peints

Reflets deans les eaux du lac

En vêtement blanc, coiffure noire et chausses

soyeuses, vous vous y promenez.

Innombrables tortues et poissons rassemblés

sous son arche

Tous connaissent le son de votre canne

lors de votre passage

 

 

 

Su Tong po

(1036-1101)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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