Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 21:08

 

 

 

 

 

 

May Ziadé, un pionnière du féminisme oriental

 

  May-Ziade.jpg

 

 

 

May Ziadé est née, le 11 février 1886, de père libanais, May Ziadé fit ses études primaires et secondaire au collège des Visitandines d'Antoma (Liban), puis elle rejoignit ses parents en 1904 à Nazareth où elle poursuivit passionnèment son auto-culture.

 

A partir de 1908, elle s'installa définitivement au Caire où son père Elias Ziadé dirigeait la revue "Al-Mahroussa" et se fit inscrire à l'université Égyptienne dans la section littéraire.

 

 

La Femme de lettres :

 

En 1910, elle publia son premier recueil de poésie lyrique français : "Fleurs de Rêve" sous le pseudonyme d'Isis Copia. Ses études d'arabe classique terminées, Mai aida son père dans la rédaction de sa revue. Puis dès le début de la première guerre mondiale, elle fonda un salon littéraire qui ne tarda pas à devenir le lieu de rendez-vous des grands esprits de l'époque.

 

Après la guerre, May se consacra aux lettres. Elle publiait ses propos dans les plus grandes revues arabes de l'époque : Al-Hilal et Al-Moktataf. Elle les fit paraître plus tard dans une série d'ouvrages portant les titres suivants :

 

 

- Bahissat al Badia

- Aïcha Meymour (biographie de deux principales dirigeantes du mouvement féministe en Egypte)

00.159.4citadeldu-caire.jpg

- "Sourires et larmes" (de Max Scheller traduit de l'allemand)

-"Propos de jeune fille"

-" Mélange" choix de conférences

- Ténèbres et Rayons (poèmes lyrique en prose)

- "L'égalité" étude sociologique

- " Flux et reflux" (Réflexions littéraires)

 

 

 

 

 

 

 

Citadelle du Caire vue du Mokattam

 

 

 

Depuis 1914, May entretient une correspondance passionnée et passionnantes avec Gibran Khalil Gibran, installé à New-York.

 

Malgré les sept mille kilomètres qui les séparaient, selon les dire de Gibran et malgré les circonstances défavorables qui les empêchaient de se rencontrer, cette idylle unique dans les annales littéraires dura dix-sept ans, c'est à dire jusqu'à la disparition de l'auteur du "Prophète".

 

 

Imbue de culture occidentale, May effectua plusieurs voyages d'étude en Europe. A partir de 1928, May subit le revers de la médaille. Elle perd coup sur coup les êtres qui lui étaient plus chers, sa mère, son père puis Gibran. Se sentant très seule au déclin de sa vie, elle sombre dans une dépression accablante.

 

Elle rentre au Liban atteinte de neurasthénie noire en 1939 et passa six mois dans un asile d'aliénés. Négligée puis comblée de sympathie par ses amis écrivains, elle recouvre sa lucidité. Et après un an à Freyké, dans l'entourage de Amine Rihani, elle revint au Caire où elle finit par succomber à ses souffrances physiques et morales, le 17 octobre 1941.

 

 

 

 

Militante acharnée :

 

May Ziadé s'est surtout faite remarquer par son activité fébrile pour émanciper la femme, de l'ignorance d'abord, puis du joug des traditions anachroniques afin qu'elle puisse se comparer à l'homme et mériter son droit à l'égalité.

 

A cette époque, la renaissance féminine se manifestait timidement. Elle avait autant de besoin dynamique que d'orientation rationnelle. Avec Kassem Amine et Bahissat Al Badia, May exerça une influence remarquable sur l'éveil de la conscience de la femme arabe.

 

May considérait la femme comme l'élément de base dans toute société humaine. Une mère esclave, dit-elle ne peut nourrir ses enfants que de son propre lait, lait qui sent forcement l'esclavage.

 

Cependant, précise-t-elle, l'évolution de la femme ne doit pas s'effectuer aux dépens de sa féminité, mais parallèlement à celle de l'homme. Car si le grand mérite de l'homme consiste dans la réalisation de sa virilité, celui de la femme réside dans sa manière de se parfaire en tant que telle, c'est à dire selon sa propre nature.

 

La virilité, selon May, se manifeste par la force, la lutte d'influence, la volonté de puissance alors que la féminité est synonyme de tendresse, de grâce et de finesse.

 

La culture adéquate est le seul moyen de libérer la femme de ses complexes et la condition servile et de lui permettre par conséquent de jouer un rôle polyvalent en tant que reine de foyer, de partenaire à part égale, d'éducatrice et de "bouche utile" dans un travail approprié.

 


 

PHOTOLISTE_20090911105641_liban_maronites_a_la_fon_500_.jpg

Libanaise maronite

 

 

 

Romantisme orientale :

 

Romantique, dès son enfance, May subit successivement l'influence de Lamartine de Bryon et de Shelley. Cette influence se manifeste dans toute son oeuvre lyrique qui reflète sa nostalgie du Liban, terre promise, ses idées mystiques, sa mélancolie et son spleen :

 

"Notre vie écrit-elle dans "Fleurs de Rêves" est ainsi faite que nous laissons de nous mêmes aux ronces des sentiers et cela a chaque instant."

 

"... en vain voudrions nous nous arrêter, mais nous sommes semblables à un torrent ou l'onde qui suit pousse l'onde qui précède. Son eau roule sur les rochers rugueux, tombe en cascades frémissantes, elle voudrait quitter ces bas-fonds inhospitaliers mais elle est forcée d'y demeurer le temps qui lui a départir le destin".

 

May Ziadé s'exprimait à la fois en arabe, en français, et en anglais (sous le pseudonyme de khaled Nach'at dans l'Egyptian Mail). Elle possédait assez bien, en outre allemand, l'italien et l'espagnol.

 


 

image-fille-fleurs

 

 

 

 

Sa valeur littéraire :

 

On distingue dans son oeuvre deux aspects nettement opposés. Comme essayiste, elle se faisait remarquer par sa finesse d'observation autant que par son souci d'objectivité. Pour cette discipline rigoureuse, son style devenait sobre, minutieux tout en gardant sa propre personnalité. Comme un écrivain lyrique, elle brillait par son imagination sensuelle capable d'associations heureuses parfois surprenantes. Il lui importait moins de décrire le réel à grands renforts de faits, d'images vraisemblables ou à la faveur des saisies immédiates sur le vif que de suggérer discrètement ses impressions et créer une ambiance intime communicative. Son style devient alors image, charme, lancinant et plein de fraîcheur.

 

De plus elle était doué d'un talent oratoire remarquable. En lisant May, à vrai dire, on ne sait pas tout à fait si son écrit relève du genre romanesque, du souvenir d'enfance, de carte fantastique, du rêve romantique, de l'évocation historique ou de la confession. C'est un mélange si spontané, dans un style si pittoresque qu'il nous tient en haleine, malgré certaines bavures ou banalités.

 

A travers son oeuvre elle tient à nous communiquer tantôt l'intensité d'un bonheur éphémère, tantôt la magie d'un rêve qui nous transporte au-delà de notre existence monotone, en cette luminosité illusoire qui exerce sur nous l'effet d'une transcendance.

 

Engagée dans son féminisme, jusqu'à la moelle, May a su assumer son temps, tant dans son action que dans ses écrits, témoigner pour sa génération et rattacher à l'éphémère à ce qu'il y a de plus durable dans notre existence.

 

Jamil Jabre, livre "May femme de lettre" 1962

 

 

sur ce blog vous trouverez les poèmes de May Ziadé 20080723103040-May_ziade.jpg

Balance-toi !

Spectre

A Mademoiselle C

Capricieuse

Elle poète ?

Lacrymosa

 

 

 

 

Source : onefineart.com

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Vous Êtes Sur

  • : au-coeur-du-lotus.over-blog.fr
  •  au-coeur-du-lotus.over-blog.fr
  • : Faire partager mes envies, ma spiritualité, mes livres, la musique, mon univers...
  • Contact

 

 

 

 

 

BlogLotus3

Recherche

Bloglotus3

Archives

 

 

BlogLotus4bis

Journal De Vie

blogLotus5