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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 13:30

Martin Luther king 1929<1968

 

 

L'apôtre de la fraternité

 

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  Le 15 mars 1968, Pierre Viansson-Ponté noté dans un éditorial du Monde désormais célèbre : " La France s'ennuie." Alors que le pays sourd des balbutiements de la révolte estudiantine et ouvrière de Mai-68, l'Amérique, elle, est en proie à d'autres tourments. Le début du mois d'avril est marqué par des émeutes raciales qui mobilisent la garde nationale dans plus d'une centaine de villes des États-Unis et font 46 victimes. Le 4, Martin Luther King a été abattu d'une balle dans la gorge sur le balcon d'un motel de Memphis, la ville "berceau du blues" qui résonna longtemps après l'abolition de l'esclavage, décrétée en 1865, des lamentos du peuple noir.

Car il aura fallu tout un siècle pour que l'Etat du Tennessee plie, avec les 12 autres anciens Etats sudistes, face aux revendications antiségrégationnistes. En 1954, déjà, l'arrêt Brown v. Board of Education déclarait la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les lieux publics et en 1965, le Voting Rights Act suspendait les clauses restrictives sur le droit de vote. En ce milieu de XXe siècle, les Noirs sont enfin des citoyens américains à part entière.

 

 

A l'origine de ce bouleversement historique, le succès du mouvement des droits civiques, mis en oeuvre dans les années 1950 par le pasteur Martin Luther King. Ce que la légende retient du leader noir, ce sont avant tout ses dons d'orateur, lorsqu'il hypnotisa les 250 000 personnes massées à l'occasion de la marche sur Washington, le 28 août 1963, avec son discours I have a dream. Mais l'envisager comme un simple tacticien politique, un militant opportuniste de la non-violence ou un idéaliste forcené serait ignorer les motivations réelles de son engagement en faveur de l'émancipation des Noirs : sa foi "en Christ". "Je suis beaucoup de choses pour beaucoup de gens : dirigeant du mouvement des droits civiques, agitateur, fauteur de troubles et orateur, expliquait-il en 1965 au journal noir Ebony. Mais dans le silence de mon coeur, je suis fondamentalement un pasteur, un prédicateur baptiste.[...] L'Église est ma vie et j'ai donné ma vie à l'Église".

 

 

"La projection d'un Évangile social"

 

La vie de cet arrière-petit-fils, petit-fils et fils de pasteurs doit effectivement beaucoup à son héritage chrétien,à commencer par ses prénoms, que ses parents lui ont donné en hommage au père protestantisme Martin Luther, qui initia au XVIe siècle la Réforme, dont sont notamment issues les Églises baptistes. Dans un pays miné par les tensions inter-raciales, King personnifie mieux que quiconque cette veine du christianisme noir tel qu'il s'enracina aux Etats-Unis au XIXe siècle : "Au long des siècles d'oppression, a écrit le théologien Bruno  Chenu, les esclaves rêvèrent d'une communauté de liberté, de justice et d'égalité, selon les termes de la Constitution américaine. [...] Martin Luther King a été l'incarnation du meilleur de la tradition noire, jusqu'au don de sa propre vie. Sa militance a démontré la capacité du christianisme à bousculer une société injuste et violente. L'amour n'est pas un sentiment intimiste, il est une force historique." Si elles ne s'opposent pas frontalement à la domination blanche, les Églises noires américaines sont alors un lieu d'affirmation, de reconnaissance et d'identification : "Le peuple noir existe comme un peuple à partir du moment où il peut se dire "peuple de Dieu".  Et c'est bien cette légitimité divine que revendique Martin Luther King pour braver les critiques de nombreux responsables religieux blancs lui reprochant de mêler l'Église à des affaires séculières. "La projection d'un Évangile social est, à mon avis, ce qui témoigne vraiment d'une vie chrétienne", déclarait-il au magazine Playboy en janvier 1965.

 

"

 

" Quand nous ferons en sorte que la cloche de la liberté puisse sonner, [...] nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants du Bon Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les gentils, les catholiques et les protestants, pourront se tenir par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir : "Libres enfin. Libres enfin. Merci Dieu Tout-Puissant, nous voilà libres enfin !". Discours I have a dream, 28 août 1963 (paragraphe final)      "

 

 

 

Un Black Power divisé

 

Car si la cause est juste, le pasteur n'a alors "d'autre choix que de livrer la parole de Dieu dans toute sa virulence et sa radicalité". une radicalité contestée par les tenants d'un Black Power souverain, dont Malcom Xet les Black Panthers qui accusèrent King d'avoir été "récupéré par le pouvoir". Ces derniers n'appréciaient guère l'image de respectabilité que cultivait le prédicateur, président de la Conférence des dirigeants chrétiens du Sud depuis 1957, et que paracheva l'attribution, en 1964, du prix Nobel de la paix à cet apôtre de la non-violence. Si cette frange virulente de la cause noire et ses diatribes guerrières inquiétaient de plus en plus, à cette époque, le gouvernement américain, c'est pourtant bien sous les balles d'un Blanc que s'effondra Martin Luther King, à 39 ans. Très vite, des ghettos jamaïquains aux townships sud-africains, son messge incantatoire devint l'étendard de la lutte contre le fanatisme racial et l'oppression coloniale.

 

 

Article écrit par Maïté Darnault

Les grandes figures du christianisme - Hors série N°14 - Le Monde des Religions

 

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Published by Maïté Darnault - dans Au fil de l'actualité...
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