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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 13:20

 

 

 

 

 

 

 

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Capricieuses

extrait du livre Fleurs de Rêve

 

 

 

 

Grandiose, imposant dans la voûte profonde,

Le soleil saluait d'un coutumier adieu

Le fleuve, les palmiers,les sables de ce lieu

Et cheminait vers l'autre monde.

 

Alors tout l'horizon laisse monter un cri,

Le firmament se teint de lilas et de rose

(Frémissantes couleurs où l'azur doux repose),

Et le zéphir souffle attendri

 

Le Caire était caché sous une vague brume

Les arbres tournoyants sur les bords bruns du Nil

L'ombre tombait partout, sans trouver de péril

Et couvrait la plaine et l'écume.

 

Ô Pyramides ! C'est alors

Que, levant ma tête pensive,

J'entends mer sur vos flancs forts

L'écho de quelqu'un voix plaintive ;

Mais quoi ! Serait-ce en votre sein

Qu'un orphelin pleure sa mère ?

Est-ce un hymne, est-ce une prière,

Est-ce un gémissement divin ?

 

Mais déjà revient le silence

Autour du grand monument noir,

Un temps - Mon coeur frémit, s'élance,

Plane avec la brise du soir...

Soudain, les sons se font entendre,

Ô Dieux ! Mais d'où viennent-ils donc ?

Une douce harmonie y fond...

Est-ce de la voix d'Alexandre

 

Un écho ? De Napoléon

Est-ce le sabre qui miroite ?

Est-ce ta statue, o Memmon,

Qui tombe en une vapeur moite ?

Est-ce le soupir d'un soldat

Défunt ? Un cheval qui se cache ?

Est-ce un craquement d'un marbre

Qui depuis des siècles gît là ?

 

Répondez, Monuments ! Pyramides altières,

Des siècles révolus ô souvenir muet !

Sont-ce des chants d'amour, des commandes guerrières

Que vos entrailles jettent net ?

 

Non, sur vos côtes délabrées

Ce n'est plus l'aigle Impérial

Qui manque vos terres sacrées

Des pas de son fougueux cheval ;

Oh baissez vos armes françaises

Vos chapeaux sont à peine vus...

Et Mohamed Ali n'est plus

Toutes les choses sont anglaises

 

Ces longs échos flottant et chatouillant mon âme

Comme un souffle de brise, une haleine d'azur

Un baiser maternel, un regard triste et pur,

L'éclair d'une subtil flamme

Un doigt câlin d'enfant qui caresse son front

Un gazouillis d'oiseau, d'un fleuve, le murmure

Un sourire amicale, un cri de la nature

Ou du soleil un rayon blond,

 

C'était la fanfare lointaine

Qui jouait Dieu sauve le Roi

C'était la vibration certaine

De coeurs vaillants et pleins de foi

De tes moelleux flots nostalgiques

Harmonie, Ô nectar divin

Je laisse couler dans mon sein

Les tiédeurs mélancoliques...

 

Muses, Beautés, Beaux-Arts aimés,

Océans, rivières, verdures

Azur immense, astres dorés

Qui du ciel êtes la parure

A vous, à vous mes jeunes ans

A vous ma jeune intelligence

Mon amour et ma confiance

A vous mes rêves bleus et blancs !

 

Mais trêve de transports. A bientôt, Pyramides,

Et vous Liban, Beyrouth, cher Antoma, salut !

Ma Syrie, Salut ! Dès que je l'aurai pu

J'irai revoir tes horizons limpides.

 

 

MAY ZIADE

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